Le Larca, observateur et passeur du monde anglophone - publié le : 30/01/15
 
Au Larca, on étudie le monde anglophone sous toutes ses coutures : culture, littérature, histoire politique, arts visuels,... Sa spécificité l’a amené à être transformé en UMR (unité mixte de recherche université-CNRS). Rencontre avec François Brunet, directeur de ce Laboratoire de recherches sur les cultures anglophones, qui nous en dévoile un peu plus…
  
 
 
 
Diderot Infos : Quand le Larca est-il devenu une UMR ?

François Brunet : Le changement de statut est devenu effectif le 1er janvier 2014, en corrélation avec le lancement du nouveau contrat quadriennal 2014-2018. Soutenu par Paris Diderot, il est l’aboutissement d’un processus long et complexe lors duquel il a fallu évaluer le passé du laboratoire et préparer son avenir. Une étape importante car il me semble légitime de justifier les dépenses publiques.

D.I. : Au sein de l’Institut des Sciences Humaines et Sociales (INSHS), le CNRS a donc créé spécialement pour vous une unité en Études anglophones. Que signifie une telle création ?

Créé en 2007, le Laboratoire de recherches sur les cultures anglophones (Larca), c'est :

>environ 50 enseignant.e.s-chercheur.e.s ;
>environ 50 doctorants ;
>4 post-doctorant.e.s.

Les chercheur.e.s portent une sensibilité particulière aux problématiques issues des Sciences Humaines et Sociales anglophones, comme les cultural studies ou la notion d’empowerment (ou émancipation) qui attire beaucoup les étudiant.e.s.

Voir le site du Larca
Voir le site de l’UFR d’Études anglophone

François Brunet, directeur du Larca

 
F.B. : Le Larca constituait une priorité pour le CNRS parce que le monde anglophone est encore peu exploré en France en tant que tel. En effet, les terrains anglophones restent peu enseignés et étudiés pour eux-mêmes. Notre travail nous rend au contraire très au fait de ces terrains, ainsi que des innovations et tendances des sciences sociales (ou des études littéraires) dans le champ anglophone. En accordant le statut d’UMR au laboratoire, le CNRS reconnaît l’importance de ce dernier. Il rend légitime notre discipline et facilite notre travail de recherche en nous faisant bénéficier d’avantages.

D.I. : Ces avantages, ce sont des ressources supplémentaires. Quelles sont-elles exactement ?
 
F.B. : Elles sont de nature diverse. La contribution du CNRS fournit un apport important en personnel, en documentation (en ligne, notamment), en information ainsi qu’en visibilité. La communication avec les grandes équipes des disciplines "traditionnelles" s’en trouve facilitée. Nos dotations ont, quant à elles, augmenté de 30%.

D.I. : Justement, comment est utilisé le budget d’une UMR en Études anglophones ?

F.B. : Notre budget est consacré à deux dépenses majeures. Il y a les missions de terrain et les voyages de recherches, principalement sur les Iles britanniques et en Amérique du Nord, mais ailleurs aussi. Lors de ces déplacements, nos chercheur.e.s effectuent des recherches d’archives, ils.elles collectent des documents et objets, rencontrent des informateurs, des collègues ou des collaborateurs.rices ? Ils.elles participent à des colloques.
Puis il y a les rencontres scientifiques ici même, à Paris Diderot. En 2014, nous avons organisé 15 colloques internationaux. Chaque année, nous comptons presque autant de missions sortantes (membres du laboratoire en déplacement) que de missions entrantes (chercheur.e.s invité.e.s et intervenant.e.s).
 

D.I. : En tant qu’UMR, de quelle manière contribuez-vous au développement de l’université Paris Diderot ?

F.B. : Le Larca constitue une interface entre le monde universitaire français et les cultures anglophones. Il apporte ainsi une lecture différente du monde. Notre équipe est engagée dans la vie universitaire, nous proposons des activités culturelles (sur les arts, par exemple, ou sur des questions de société) et travaillons avec les masters recherche et masters professionnels de l’UFR d’Études anglophones. Notre volonté est de développer la qualité et la diffusion de la recherche. Notre UMR est unique, il est de notre responsabilité de faire vivre ce champ de recherche.
 
 
Éliane de Larminat, lauréate du prix Roland-Barthes 2014
Éliane de Larminat est doctorante à Paris Diderot, sous la direction de François Brunet. Elle a reçu le prix Roland-Barthes pour la recherche sur l'image, pour son mémoire de master intitulé "Faces et Façades. Photographier la maison américaine". Elle y explore la tradition photographique américaine du "portrait de maison".
Le prix Roland Barthes, quant à lui, est décerné chaque année à un mémoire de niveau master concernant la photographie sous toutes ses formes, qu'importe la discipline.
 
 
Publications du Larca dont L'Amérique des images qui a nécessité 10 ans de préparation.
 
 

Découvrez au fil des mois, dans votre Lettre Diderot, les nouveaux laboratoires issus du contrat quadriennal 2014-2018. Que ce soit une création ou un changement de statut (UMR), la recherche est pluridisciplinaire et riche à Paris Diderot. Une Unité mixte de recherche (UMR) est un laboratoire reconnu et soutenu à la fois par le CNRS et par un ou plusieurs organismes de recherche, souvent des établissements d’enseignement supérieur ; ou simplement par plusieurs organismes. Elle résulte de l’association des différentes parties et de la mise en commun de leurs moyens humains et matériels.