PROGRAMME EUROPÉEN

 

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APRÈS-MIDI PHILOMATHIQUES

UNIVERSITÉ PARIS 7 - CNRS
INSTITUT DE MATHÉMATIQUES - INSTITUT HENRI POINCARÉ
EUROPEAN COMMUNITY

 

INSTITUT HENRI POINCARÉ
11, Rue Pierre et Marie Curie - 75005 PARIS
SALLE 421

 

 

 

ORGANISATEUR : S. OFMAN

 

 


12 et 13 MAI 2009

La rencontre sera suivie d’un RÉCITAL Schubert et Brahms, Bernard Vitrac baryton et Loup Verlet au piano

SUR LA NÉGATION, DE L'ANTIQUITÉ GRECQUE À NOS JOURS II

 

Mardi 12 mai, 14h30-18h30, salle 314

14h30-15h30: Alain PROUTÉ (Logique Mathématique-Paris7): Pourquoi existe-t-il une logique non classique ?

Résumé : La logique ``non classique'' renonce au principe du tiers exclu, à savoir à la vérité systématique de l'énoncé ``E ou (non E)'' pour tout énoncé E. On peut se demander pourquoi cet axiome là plutôt qu'un autre ? La raison qui sera proposée comme ``essentielle'' dans cet exposé est le fait que si on définit la logique à partir des ``principes naturels'' du raisonnement, principes qu'on peut formaliser d'une façon très uniforme par des adjonctions, on tombe sur un système qui satisfait (presque) tous les axiomes habituels, mais pas nécessairement celui du tiers exclu (et qui ne peut d'ailleurs en aucun cas satisfaire sa négation, ce qui fait que le tiers exclu est alors indécidable). Une autre raison, bien entendu très liée à la précédente, est le fait que les axiomes résultant de ces adjonctions conduisent à des mathématiques constructives, alors qu'on peut montrer que ce n'est pas le cas du tiers exclu en présence d'ensembles infinis.

15h45-16h45 : Bernard VITRAC (CNRS-Centre Louis Gernet) : Les usages du négatif dans les démonstrations des Éléments d'Euclide : un inventaire

Résumé : La négativité se manifeste de différentes manières dans les Éléments d’Euclide :

• par le biais de notions explicitement négatives (par exemple l’incommensurabilité ou l’irrationalité) ou, du moins, limitatives (primarité, coprimarité).

• par des preuves « purement logiques » dans lesquelles il n’y a pas de développement géométrique (ou arithmétique) à proprement parler, mais qui travaillent avec la contraposition ou des arguments à peine plus complexes.

• par l’usage de réductions à l’impossible ou à l’absurde, lesquelles combinent un schéma logique bien connu et une déduction synthétique géométrique ou arithmétique.

         Ces arguments indirects ne sont pas rares dans les Éléments. On en compte environ 140 (dans le texte tel qu’il a été édité par J. L. Heiberg) qui concernent une bonne centaine de Propositions (sur 465 dans ladite édition). Pourtant, avant et après Euclide, les philosophes (Aristote, IVe s. avant JC ; Proclus, Ve s.) affirment que la démonstration directe est préférable à l’indirecte. Certains mathématiciens (Héron d’Alexandrie, Ménélaos d’Alexandrie) semblent même partager ce point de vue et ont proposé quelques preuves alternatives à celles d’Euclide, visant à remplacer une démarche indirecte par une directe.

         Sur les intentions d’Euclide, sur ses parti pris épistémologiques, nous n’avons aucune information. Nous disposons seulement de son traité, dépourvu de préface, et nous devons nous en contenter. La langue formulaire des Éléments montre par exemple que les deux catégories de preuve distinguées ci-dessus sont stylistiquement différenciées dans le texte.

         Leurs apparitions dans les différents Livres ne sont pas aléatoires, mais corrélées à certaines thématiques ou à des types de questionnement spécifiques portant notamment sur l’unicité de certains objets, l’impossibilité de certaines constructions, la mise en place de classifications et d’inventaire. Bref, les effets de la négativité dans les Éléments concourent fortement au travail fondationnel du traité.

         La taille du dossier exclut que je l’expose exhaustivement, mais je soulignerai la régularité des formulations et ses limites ; j’examinerai aussi un certain nombre d’exemples.

17h-18h : Fabio ACERBI (Université de Lille) : Théorie et pratique de la négation dans les mathématiques et la logique grecques

Résumé : L'exposé présente les différentes sortes d'énoncés négatifs employés dans le style mathématique grec. La pratique mathématique est comparée avec les doctrines des écoles logiques majeures, notamment avec les prescriptions très strictes de la logique Stoïcienne sur la position de la négation à l'intérieur de la phrase.

18h-18h30 : Table ronde et discussion

 

Mercredi 13 mai, 14h30-17h45, amphi Darboux

14h30-17h45 : Anatole KHÉLIF (Logique-Mathématique-Paris7) : Mécanique quantique, catégories, tovariance et limites projectives universelles

Resumé : En Mécanique Quantique, les états possibles d'un système ne vérifient pas forcément une logique classique. Comment raisonner dessus, "l'ensemble des états" est-il réellement un ensemble ? 2 pistes seront évoquées : le principe de tovariance et les limites projectives universelles. Nous discuterons aussi d'une "mesure" de l'écart avec la logique classique.

15h45-16h45 : Pierre BAUDOT (CNRS- Institut des systèmes complexes) : Négation, différenciation et irréversibilité

Resumé : La dualité entre expériences et modèles, et les contradictions inhérentes qu'elle génère continuellement en science tout en la motivant, se trouve au coeur des investigations théoriques et experimentales des Neurosciences dont le sujet est la modélisation de l'expérience vécue. En réumpruntant un chemin entamé par Poincaré, illustré ici par la psychophysique, nous montrerons en quoi la topologie permet de lever ces contradictions, et proposerons que la perception soit de nature topologique. Plus aventureusement et pour discuter le précédent exposé de Mr Prouté, nous proposerons que cette "être" topologique pourrait constituer un modèle logique constructiviste fini. Dans un deuxième temps, nous verrons comment cette topologie s'incarne dans nos mécanismes corticaux et comment  il est possible de l'exprimer en terme d'information-entropie, dans un cadre analogue à la thermodynamique hors-équilibre. Si le temps le permet, nous en viendront aux questions difficiles et peut être non encore résolues, qui concernent l'obtention d'une loi d'évolution, et qui se résument in-fine à trouver une signature topologique du temps et de l'espace physique (dans la positivité-négativité de l'information ?).

17h-17h45 : Table ronde et discussion

18h-19h : RÉCITAL Schubert et Brahms

SCHUBERT : 6 extraits du Winterreise (Gute Nacht, Erstarrung, Frühlingstraume, Die Krähe, Der Wegweiser, Der Leiermann) - Der Tod und das Mädchen - Der Wanderer- Aufenthalt - Harfenspieler I - Der Atlas - Der Doppelgänger. BRAHMS : Der Tod das ist die kühle Nacht - Meerfahrt 


21 MAI 2008

SUR LA NÉGATION, DE L'ANTIQUITÉ GRECQUE À NOS JOURS I

14h-15h : Marc LACHIÈZE-REY (Saclay) : Négativités : l’espace, le temps ; symétries et dualités en physique contemporaine

15h15-16h15 : Daniel BENNEQUIN (Paris 7) : La négation homologique

Resumé : Henri Poincaré a initié un calcul algébrique avec des variétés qui s'est étendu peu à peu à tous les objets des mathématiques. Traiter les figures géométriques comme des nombres demandait de renoncer à la plupart de leurs propriétés apparentes, mais en contrepartie cela permettait de définir les caractéristiques de leurs formes, et de découvrir des opérations nouvelles sur ces formes, comme les dualités. Caractériser la démarche homologique étendue à toutes les structures peut se révéler utile pour comprendre le travail mathématique en général, et aussi pour mettre en place de nouveaux concepts philosophiques.

16h30-17h30 : Alain PROUTÉ (Paris 7) : Le raisonnement par l'absurde

17h30-18h30 : Table ronde et discussion


 

 

Adresse électronique : ofman@math.jussieu.fr


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