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Enfin, le Venezuela étant le seul pays d'Amérique latine à disposer d'un personnel spécialisé dans l'analyse, la classification et la digitalisation des filigranes anciens, l'AGN proposera ce service, dans le cadre de ce projet, à d'autres institutions, nationales et étrangères.
En outre, afin, comme l'explique le directeur des Archives dans un article paru dans l'édition de La Razón du dimanche 19 janvier 1997, d'y intégrer la communauté scientifique internationale, il est également prévu d'élargir le programme "COMUNIDAD CIENTIFICA" où les chercheurs après avoir indiquer leurs aires de recherche, leurs connaissances et expériences, sont mis en relation, informés et pourront, grâce à la page Web, communiquer entre eux.
On ne peut à priori que saluer une telle initiative, dès lors qu'elle est un moyen entre autres de préserver les documents tout en permettant la consultation sur un autre support. Je voudrais toutefois poser deux limites : la première a trait au coût de tels projets. En effet, il ne faut pas penser uniquement aux frais directement liés à l'achat du matériel et à la digitalisation, déjà importants, mais aux capacités de ces institutions à assurer leur fonctionnement dans l'avenir (et donc l'accès des documents aux chercheurs). Or, on peut être inquiet au vu de l'évolution de la situation à la Bibliothèque nationale dont la plupart des fonds anciens (livres rares, manuscrits et périodiques) sont depuis plusieurs années microfilmés. J'ai en effet pu me rendre compte de ses incidences cet été, de la dégradation de ces services, liée pour partie à celle de la situation économique, puisque sur les trois machines permettant de photocopier ces microfilms, une seule fonctionne, uniquement en noir sur blanc et en format agrandi. En outre, près de la moitié des lecteurs de microfilms sont hors service, si bien qu'il est parfois impossible ne serait-ce que de lire les périodiques anciens. Ces appareils n'étant pas réparés, faute de fonds.
Dès lors, c'est paradoxalement aux Archives nationales que j'ai pu le plus correctement faire mon travail de terrain. Certes, l'on a parfois des moments d'humeur parce qu'il est impossible de photocopier les documents alors qu'ils sont très longs où que l'on dispose de peu de temps, mais au moins je n'avais pas de surprise dès lors qu'il me suffisait d'arriver chaque matin munie d'un cahier et d'un crayon à papier et d'ouvrir les liasses de documents ! C'est certes parfois fastidieux, mais il est rare qu'un crayon tombe en panne...
Deuxième remarque, qui concerne la possibilité qui sera offerte aux chercheurs de consulter les archives à partir de leur ordinateur personnel, qui fait dire au directeur des Archives : "El Archivo General de la Nación estará allí donde se encuentre una computadora personal !". Certes, mais Quid de l'histoire sur le terrain, de la rencontre avec un lieu, une ville, un pays, déterminante pour comprendre l'histoire qui s'y lit dans ses archives ? A méditer, je pense et, sagesse d'historien, il convient de raisonner sur le long terme.
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Copyright © 1997 - Equipe Histoire et Société de l'Amérique latine / ALEPH - ISSN 1245 - 1517