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Au début du mois de mai 1942, alors que les anciens partisans de Cárdenas avaient déclenché une campagne internationale contre le sinarquisme[2], cherchant à démontrer les liens existant entre le mouvement et les pays totalitaires, un entretien se tenait au même moment en haut lieu entre deux personnalités de poids. Les répercussions de cette entrevue sont intéressantes puisqu'il s'agissait de deux représentants d'organisations a priori dissemblables mais aussi parce que les déclarations faites à cette occasion sont au coeur de mes problématiques.
Les personnalités en question étaient Antonio Santacruz et Nelson Rockefeller : le premier, chef suprême de l'organisation secrète qui se cache derrière le sinarquisme ; le second, coordinateur - à l'époque - de l'Office of Inter-American Affairs, du Département d'Etat américain. Antonio Santacruz avait l'intention d'expliquer à Rockefeller quels étaient, selon lui, les buts du sinarquisme et proposait l'aide de son organisation aux Alliés.
C'est durant mes pérégrinations dans les archives d'une organisation catholique américaine à Washington, à la recherche d'informations sur le sinarquisme, que j'ai retrouvé pour la première fois la trace de cet événement. Etant donné le caractère de cet entretien, j'ai cherché à savoir comment cette information de première main sur le sinarquisme avait été diffusée par Département d'Etat auprès de ses services, notamment le FBI[3].
Je me demandais bien ce que le FBI avait pu en penser, alors que le sinarquisme était plutôt considéré par les services secrets comme un mouvement allié aux puissances de l'axe. Le défi était donc pour moi d'arriver à savoir si le FBI avait été informé de cette réunion entre Santacruz et Rockefeller et si, dans ce cas, le FBI mesurait l'intérêt que pouvaient avoir les leaders secrets du sinarquisme à réorienter leur mouvement en faveur des ennemis de l'axe.
Imaginons la pire des situations possibles : tout d'abord il n'y a aucune possibilité de consulter directement les sources, bien qu'il s'agisse d'un lieu d'archives ; de plus, l'archiviste, obéissant à des ordres supérieurs, "refuse" de coopérer, limitant ainsi toute nouvelle piste de recherche. Se retranchant derrière une subordination à toute épreuve, cet employé se contente en effet de fournir les documents suggérés par l'intuition de l'historien. Il faut prendre en compte enfin les conditions d'accès à l'information : l'historien reçoit les documents (des années après les avoir demandés), avec de nombreuses anomalies ; les marges sont remplies d'annotations indéchiffrables qui empiètent sur le texte ; le texte est souvent inintelligible, des paragraphes entiers ayant été barrés au marqueur noir (de plus le chercheur n'a entre les mains qu'une photocopie de la copie ainsi censurée) ; le tout arrive par fragments désordonnés, rendant impossible un travail sérieux de recherche.
Durant l'été 1980, comme j'assistais au séminaire interdisciplinaire dirigé par l'historien Sigmund Diamond, à l'Université de Columbia, je me suis joint à la liste des chercheurs qui, aujourd'hui par dizaines de milliers, demandent les documents secrets des organisations gouvernementales américaines, tel le FBI, et ce au nom du Freedom of information act and privacy act (FOIPA)[4]. Je cherchais alors à découvrir quelles étaient les informations en possession du FBI (en provenance d'autres agences gouvernementales) sur le sinarquisme mexicain. La procédure de demande de consultation, apparemment routinière, cache en fait de multiples détours et obstacles. Il faut deviner, premièrement, sous quel classement les bureaucrates du FBI archivent (ou tout du moins archivaient) les documents qui nous intéressent. Deuxièmement, si vous avez eu la chance de localiser un fonds avec un nombre important de documents, il faut savoir comment demander le strict nécessaire pour ne pas atteindre un coût trop élevé de photocopies.
Faire une recherche dans ces archives revient -comme le suggérait le professeur Diamond- à avoir un mur en face de soi avec juste un petit trou par lequel on peut passer le bras et essayer, à tâtons, de découvrir ce qui se trouve de l'autre côté. Alors que de notre point de vue, nous n'avons aucune visibilité, les archivistes du FBI, eux, ont une vision d'ensemble, et passent sûrement leur temps à contempler ces milliers de bras en train de tâtonner dans ce qui est sous leur surveillance. La correspondance qui résulte de ce type de recherche est extrêmement laborieuse et frustrante.
Les archivistes du FBI sont obligés de dire s'ils ont ou non des documents sous l'intitulé sollicité. Cependant, techniquement, ils ne peuvent orienter le demandeur. Ils pourraient par exemple dire "nous n'avons rien sous la rubrique "Francisco Orozco y Jiménez[5]", mais par contre nous avons des documents enregistrés sous "Eglise/Mexique". Mais cela reviendrait à donner un antécédent pouvant occasionner une demande légale du sollicitant. Demander un document sur un thème d'étude relève donc plus de l'exercice intellectuel que d'une expérience rentable à court terme. Il s'agit finalement d'un jeu de devinette, de la mise en place d'une méthodologie pour découvrir et imaginer sous quelle rubrique les bureaucrates du FBI ont archivé l'information que nous voulons, tout en cherchant la meilleure façon d'avoir le plus de documents au moindre coût et dans les meilleurs délais.
J'ai décidé de reproduire ci-dessous, dans ses grandes lignes, la correspondance que j'ai entretenue avec le FBI depuis l'été 1980. Mon expérience me semble en effet représentative des difficultés rencontrées par l'historien pour ce type de recherche "téléguidée". Si mon cas se limite à un échange avec les archives centrales du FBI, j'ai su que d'autres chercheurs avaient eu des expériences similaires avec les agences régionales de cette même instance. Bien que l'ensemble des agences fédérales soient soumises au FOIPA, toutes n'ont pas la même attitude vis-à-vis des chercheurs ; de plus, au sein d'une même agence, les censeurs ne contrôlent pas nécessairement de la même façon les documents. Par ailleurs, les documents une fois "traités" (declassified), les autres chercheurs qui, par la suite, voudraient les consulter, n'ont plus besoin de refaire la procédure exigée par le FOIPA.
Correspondance
Le 11 juin 1980, j'ai adressé ma première requête selon ces termes :
"Cette demande d'information est faite au nom du Freedom of information act. Je suis à la recherche de tous les documents pouvant se trouver dans les archives du FBI et portant les intitulés suivants : Sinarquisme/ Mouvement sinarquiste ; Union nationale sinarquiste ; La Base ; Les Légions ; OCA [la société secrète derrière le sinarquisme]. Tous ces noms se réfèrent aux deux organisations fondées au Mexique durant les années trente et ayant existé jusqu'à la fin des années quarante. J'ai appris que selon les règles du Freedom of Information Act, je pouvais espérer une réponse de votre part dans les dix jours ouvrables[6]".
Fort heureusement, les archivistes du FBI ont pris la peine d'ouvrir un dossier à mon nom, que j'ai pu récupéré par la suite dans son intégralité. J'ai dû pour ce faire préciser qu'il s'agissait de publier mon expérience de recherche au sein du "Bureau". J'ai pu retrouver ainsi les photocopies de mes lettres, annotées par ceux qui travaillent au FBI. Sur la première d'entre elles, ils avaient mis un "X" devant chacun des noms des organisations demandées ; ils avaient souligné le mot "Mexique" ; à côté de ma signature, ils avaient indiqué un "DE-50" et juste au-dessous un "V-70". Sur le bord inférieur droit figurait un "X" plus grand avec certains chiffres et une date. Le numéro attribué à ma demande était le 99 475 - avec un "Re" ("objet") où l'on pouvait lire "Sinarquismo/sinarquista movement et al". Sur cette même lettre, il y avait un accusé de réception rédigé de la façon suivante :
"La présente a pour objet d'accuser réception, de la part des bureaux centraux du FBI, de votre demande faite au nom du Freedom of Information-Privacy Act (FOIPA), et de vous informer que nous avons décidé de vous répondre en vertu de l'article 5 du Code des Etats-Unis, section 552 (a)(6)A(i) et des autres statuts et règlements fédéraux en cours. En cas de besoin, nous vous demanderons des informations supplémentaires dans un courrier annexe".
Pour remplir leur obligation de répondre à ma lettre, dans un délai de dix jours ouvrables, il était ajouté :
"Afin de déterminer si nous possédons l'information souhaitée, nous procéderons à l'examen des index de nos fichiers. Si cet examen s'avérait infructueux, vous en serez informé. Si cette recherche révélait l'existence d'un ou plusieurs documents qui pourraient correspondre à votre demande, il seront récupérés et traités selon les dispositions du FOIPA dans le meilleur délai possible".
La missive se terminait en disant que dorénavant toute correspondance faite avec le "Bureau" devrait comporter le numéro qui m'avait été assigné. En dessous de mon numéro de demande figurait aussi un tampon qui précisait : outside source[7]. Dans une lettre suivante, toujours signée de David G. Flanders et datée du 11 juillet 1980, les services d'archives du FBI me mentionnaient à nouveau "qu'ils étaient en train de consulter leurs index et que dès qu'ils auraient trouvé quelque chose en relation avec ma demande, ils m'en informeraient"[8].
Le 8 août 1980, je reçus une troisième lettre, signée par Thomas H. Bresson, nouveau chef de ce service qui m'informait qu'après avoir effectué une première analyse (preliminary review) des documents en rapport avec ma demande, "il évaluait le coût de reproduction de ceux-ci à 1 400 $, sur une base de 10 cents la page". Il m'expliquait de plus que, en vertu des règlements du Département de Justice (article 28, Code du règlement fédéral, chapitres 16.9 et 16.40), il était exigé au demandeur de payer d'avance, quand les frais dépassait 25 $, ce qui était le cas.
Si l'on faisait le calcul, à 10 cents la page, Bresson faisait donc allusion à 14 000 documents sur le sinarquisme.
"Je dois vous avertir -me précisait-il- que si vous acceptez de couvrir ces frais, vous n'aurez pas pour autant le droit d'accéder au contenu exhaustif des documents en notre possession, nous devons en effet respecter les dispositions en matière de communication des archives du Freedom of Information Act (article 5 du Code des Etats-Unis, section 552) et du Privacy Act de 1974 (article 5 du Code des Etats-Unis, section 552a)".
M. Bresson voulait s'assurer que j'étais prêt à débourser une telle somme et si je lui donnais le feu vert, je devais le confirmer par écrit. Il ajoutait cependant que "pour le moment, je ne devais pas encore payer". Bresson me disait ensuite qu'après avoir consulté les index du système des archives primaires du siège central du FBI, il n'avait rien trouvé sur la Base ni sur les Legiones. Il ne faisait aucune allusion à ma demande sur la OCA et m'indiquait ensuite que sa recherche s'était limitée au fichier des archives localisées dans le système central à Washington, et que, peut-être, d'autres informations pourraient être trouvées dans une des agences régionales qu'ils nommaient field offices. Ces informations auraient pu ne pas parvenir au siège central pour les raison suivantes :
"Dans les cas où l'infraction n'aurait pas donné lieu à une instruction ; dans les cas où le procureur général des Etats-Unis n'aurait pas entamé de procédure, et dans les cas où l'enquête aurait révélé que les accusations n'avaient pas de fondement ou ne relevaient pas de la juridiction du FBI".
Bresson concluait en disant : "vous pouvez écrire directement aux agences régionales et leur demander ces matériaux[9]". Sa suggestion, évidemment, n'était valable que si je pensais qu'une de ces agences régionales du FBI pouvait avoir cette information sans en rendre compte au siège central.
Suivant les conseils du professeur Diamond, j'écrivis de nouveau à Bresson, le 30 septembre 1980, pour lui demander des précisions sur le pourcentage de documents (qu'ils disaient avoir en leur possession) représentant des coupures de presse et "autres documents publics". Je souhaitais en effet obtenir les documents internes au FBI et non ceux qui avaient été publiés. Comme je l'ai déjà précisé, mon principal objectif était de découvrir ce que pensaient les agents du FBI sur le sinarquisme, à partir des informations récoltées par les autres agences gouvernementales. Ce qui motivait aussi les précisions demandées était le coût élevé qu'il me fallait payer (les yeux fermés), 1 400 $ ; somme qui cependant à l'époque n'était pas si énorme étant donné le change avec le peso mexicain de 1980.
"Je voudrais aussi savoir -continuais-je dans ma lettre- quelle est la proportion, parmi ces documents, de rapports de terrains ou de directives du siège central aux différentes agences régionales et quelle est celle des dossiers de presse".
De plus, comme mon étude n'allait pas au-delà de 1950, je demandais à Bresson quelle était la proportion des documents antérieurs à cette date. Les conseils de Diamond provoquèrent très certainement de nombreux maux de tête à Bresson, ainsi que me l'indiquait sa réponse datée du 28 octobre 1980 :
"Je tiens à vous informer que votre demande sous forme de pourcentages selon des catégories spécifiques n'est pas facilement repérable dans notre index central. Estimer ces pourcentages impliquerait une recherche manuelle sur la totalité des plus de 14 000 pages recensées. En vertu de l'article 28 du Code des règlements fédéraux, chapitre 16.9, nous sommes autorisés à vous réclamer 4 $ de l'heure pour ce type de recherche. Nous n'avons pas encore estimé le nombre d'heures nécessaires à cette tâche. Si vous désirez poursuivre dans cette voie, veuillez nous le faire savoir par écrit, nous ferons alors le nécessaire pour estimer le coût global de cette opération et nous vous demanderons un acompte d'un quart de la somme totale".
Sa réponse m'avait appris plusieurs choses : tout d'abord sur le système d'archivage et de classement du FBI que, sans le vouloir, m'avait révélé Bresson ; ensuite sur les limites fixées à leur collecte d'information pour leurs enquêtes, ainsi que sur leurs méthodes pour aborder des cas spécifiques.
Dans ma lettre du 3 décembre 1980, je ne mentionnais que deux choses : premièrement que l'on ne me photocopie que les documents qui avaient trait à la OCA (je proposais de régler la facture dès qu'ils me l'enverraient) ; deuxièmement que l'on m'envoie un devis en dollar pour la recherche par pourcentage sur l'ensemble des documents. La première requête était stratégique : je savais en effet que le matériel ayant trait à l'OCA serait moins important. Une fois obtenue cette information, je pouvais espérer une réduction ou même une franchise pour le reste des documents, argumentant qu'ils seraient publiés et donc au bénéfice du public.
Le 19 février 1981 (deux mois et demi après l'envoi de ma lettre) Bresson m'écrivit avec accusé de réception. Il m'expliquait alors, que cherchant à répondre honnêtement (fairly) à chaque demande, chacune d'entre elles serait traitée par ordre chronologique "en fonction de la date de réception de la lettre et dans les meilleurs délais possibles". Je pense -sans en être sûr- que ce dernier paragraphe tenait lieu d'excuse pour le retard pris pour me répondre. Il me donnait tout de suite après des informations, qui m'intéressaient :
"Pour votre information, environ 95% du matériel en relation avec Sinarquismo/Sinarquista movement et Unión Nacional Sinarquista est antérieur à 1950. Un calcul approximatif effectué à partir d'un survol des archives non "instruites" [raw files] sur ces thèmes, révèle que environ 5% de ce matériel est de source publique, 10% est en provenance du siège central, 25% nous vient des autres agences gouvernementales et, à peu près 60% est issu de nos agences sur le terrain. Cependant, tout ce matériel est mélangé, et comme nous vous l'avons mentionné plus haut, il ne s'agit que d'un calcul approximatif".
Bien que par ce biais Bresson cherchât à se couvrir, ainsi que le FBI (institution qu'il représentait), il me semble évident qu'ils avaient fait au préalable une étude minutieuse de tous les fichiers (ou de tout autre système d'archivage utilisé), avant de m'écrire cette lettre. Bresson poursuivait sa lettre en m'informant que :
"Si vous désirez des calcul de pourcentage plus détaillés, nous avons estimé qu'il y a approximativement 13 000 pages [sic] de documents que notre personnel devra parcourir manuellement un par un. Ce type de recherche peut demander 35 heures. A 4 dollars de l'heure, le coût total de cette opération serait de 132 dollars".
Le sic ajouté au nombre de pages cherche à retenir l'attention. Si au départ Bresson m'avait parlé d'environ 14 000 pages sur mon sujet, après la recherche effectuée par le personnel du FBI, pratiquement mille pages avaient disparu. De toute façon, comme Bresson estimait que le coût de l'opération dépassait les 25 $, il me rappelait mon engagement de payer un acompte de 25% des frais généraux.
"Nous demandons, avant de commencer la recherche de documents ayant trait à votre requête, un acompte sous forme de chèque ou de virement postal adressé au Federal Bureau of Investigation, et un engagement par écrit comme quoi vous réglerez la somme globale estimée à 1 320 $".
Entre-temps, désespéré de ne pas avoir de nouvelle du FBI, depuis plus de deux mois, j'avais décidé de réécrire à Bresson, le 22 février 1981, pour lui rappeler l'objet de ma requête et lui demander ce qu'il en était. Ma lettre et celle de Bresson se croisèrent en chemin, si bien que je dus écrire à nouveau le jour suivant pour lui expliquer ma décision de ne pas poursuivre la partie de la recherche concernant le Sinarquismo/Sinarquista movement. Je voulais dorénavant traiter séparément les deux demandes. Je lui confirmais par ailleurs mon engagement à payer les honoraires concernant la OCA et demandais un devis.
Malgré cet éclaircissement, Bresson répondit séparément à mes deux lettres. Dans sa première réponse datée simultanément par le FBI du 11 mars (dans la partie supérieure) et du 18 mars 1981 (dans la partie inférieure), Bresson m'expliquait que :
"Nous vous avons informé antérieurement qu'une recherche dans nos index centraux avait révélé que nous possédions des documents sous la mention de OCA. Cependant, une recherche plus approfondie de ces documents nous a montré qu'il ne s'agissait pas de la même organisation que celle qui vous intéresse".
Pour justifier sa réponse, Bresson me précisait à nouveau la façon dont le FBI classait son information :
"Le Federal Bureau of Investigation (FBI) utilise un système d'archives centralisé, qui conserve tous les dossiers généraux, de recherche, de personnel et de demandes. Ce système consiste en une série de séquences numériques par matière et par thème. Ces dossiers sont repérables grâce à un index alphabétique, regroupant essentiellement les noms des individus et des groupes. Il est très courant que plusieurs dossiers aient le même nom, tout en étant en liaison avec des individus (ou des organisations) différents".
Bresson concluait en me faisant part de ses plus sincères excuses : "Je regrette vivement tous les inconvénients causés par notre dernière réponse à propos de la OCA". Par ailleurs, comme j'avais demandé à Bresson, dans ma lettre du 23 février, de laisser de côté (pour le moment) tout ce qui avait trait au Sinarquisme/mouvement sinarquiste -et pensant avoir clarifié "de façon satisfaisante" son erreur-, le 17 mars 1981, il m'écrivit à nouveau pour me dire qu'il considérait que ma demande était "retirée".
Cette dernière mesure reposait apparemment sur deux motifs : tout d'abord parce que j'avais écarté tout ce qui concernait le sinarquisme ; ensuite (bien que cela ne soit pas mentionné dans la lettre) parce que l'information que possédait le FBI sur la OCA ne correspondait pas, selon eux, à mes centres d'intérêt.
Le fait de savoir que ma demande avait été "retirée" me fit revenir à la charge. Le 25 avril 1981, j'écrivis de nouveau à Bresson, pour lui indiquer ce que j'entendais par OCA. Faisant allusion à ma lettre du 11 juin 1980, je lui rappelais la définition que j'en avais donnée : "une des deux organisations fondées au Mexique durant les années trente et ayant existé jusqu'à la fin des années quarante". Comme je considérais cette définition assez large et n'avais pas donné d'autres précisions ultérieures, "je suis enclin à penser -précisais-je à Bresson- que vous avez fait un jugement un peu hâtif quant à la nature de l'organisation que je suis en train d'étudier". "Vous serait-il possible de m'indiquer brièvement quelle est cette organisation identifiée par vos services sous le nom de OCA ?" -demandais-je- ; dans le cas contraire "pourriez-vous m'indiquer pourquoi vous en êtes arrivés à penser que vos fichiers n'avaient pas de relation avec l'organisation qui m'intéresse".
Dans une lettre dont la date (inscrite avec un tampon en caoutchouc) n'est pas lisible, James K. Hall (le nouveau chef de la Freedom of information-privacy acts section, records management division) me répondit :
"Veuillez prendre note qu'aucun des documents identifiés sous la rubrique OCA, n'avait de rapport avec une organisation créée au Mexique durant les années trente et quarante. Nous avions par exemple des fichiers ayant trait à un individu dont le nom était OCA [serait-ce notre Montes de Oca[10] ?] ; un autre faisant allusion à une association mais qui n'avait pas été fondée dans un pays latino-américain".
"J'espère que cette réponse -concluait-il- élimine vos derniers doutes quant aux erreurs ayant pu être effectuées pendant la révision de nos fichiers". Mon cas étant définitivement classé sur le thème de la OCA, j'en vins alors à reconsidérer ma demande sur le sinarquisme. Cependant, avant d'accepter de payer les frais de reproduction, je tentais d'obtenir une réduction (ou mieux une franchise) en leur expliquant que les résultats de cette recherche -une fois terminées mes études à l'université de Columbia- seraient pour aborder des sujets jusqu'alors méconnus : les relations diplomatiques entre le Mexique et les Etats-Unis avant 1950. J'argumentais cette demande en disant que mon travail serait présenté, publiquement, à de nombreux groupes d'étudiants intéressés par ce thème. Je m'appuyais de plus sur une directive donnée à la FOIPA (5 USC 55), tendant à accepter ce type de requêtes lorsqu'elles visaient le bénéfice public. Si le FBI refusait de prendre en compte ma demande je demandais à Bresson de m'en informer[11].
Hall me répondit deux mois plus tard, m'informant (après accusé de réception de ma lettre) que ma demande avait été rejetée dans la correspondance du 23 février 1981 ; ma nouvelle demande porterait alors le numéro 211 161. Le second point de sa lettre me surprit et réveilla par là-même mon intérêt :
"Une révision préliminaire des documents en relation avec votre demande, nous fait envisager un coût en photocopies de 440 dollars [sic], calculé sur une base de 10 cents la page [sic] (...) Sinarquismo/Sinarquista Movement, et Unión Nacional Sinarquista, sont mélangés dans un fonds d'archives de Sécurité interne, représentant approximativement 4 390 pages [sic], et dans deux fonds d'archives de Décret d'inscription, d'approximativement 5 pages chacun. Il ne s'agit là que d'un calcul effectué à partir des archives non `instruites' [raw files]".
"Avant de donner suite à ces opérations -indiquait Hall dans sa lettre- nous attendons de votre part une notice écrite nous indiquant votre intention de couvrir les honoraires d'environ 440 dollars [cette réponse était pour le moins intéressante, vu que j'avais demandé une réduction ou une franchise de paiement]. Nous sommes bien sûr tout à fait prêts à discuter avec vous de la façon dont vous pourriez reformuler votre demande pour répondre à vos besoins au moindre coût".
Ceci était évidemment une manière de me préparer à ce qui allait suivre. Quant à ma demande de réduction ou d'exonération, Hall me dit :
"Toute la question est de savoir si l'accès à l'information particulière que vous sollicitez sera d'un bénéfice réel [sic] pour le public en général. Nous en avons conclu que tel n'était pas le cas et nous avons rejeté votre pétition. Cette décision a été prise en fonction de plusieurs facteurs : la nature de l'information demandée, les objectifs de la recherche, le public pouvant être touché par cette dernière, le bénéfice tangible qui pourrait en résulter. Nous avons également considéré si le matériel ainsi révélé correspondait à un intérêt public actuel ou à des thèmes légaux, sociaux ou politiques importants, et si ce matériel était par nature personnel ou s'il servirait seulement aux intérêts du sollicitant".
En cas de désaccord avec la réponse de Hall, je bénéficiais d'un délai de 30 jours -selon lui- pour faire appel auprès de l'assistant du procureur général[12]. Le 31 juillet 1981, je répondis à sa lettre. Voyant qu'il ne m'accorderait aucune réduction, je commençais par dire que j'acceptais de payer la somme d'environ 440 dollars, résultant des photocopies des quelques 4400 pages. Mais je ne m'en tins pas là :
"J'ai encore une question à propos du nombre de pages que vous dites avoir en votre possession.
Dans toutes vos lettres précédentes, à ce sujet, j'avais été informé (par votre agence), qu'il existait approximativement 14 000 pages d'information ayant trait au Sinarquisme, Sinarquista movement et Unión nacional sinarquista.
Où sont donc passées les 10 000 pages restantes -demandais-je- Est-il possible que vous ayez fait une erreur de calcul omettant (ou au contraire rajoutant) 10 000 pages ?"
J'insistais pourtant sur l'importance que représentaient ces documents pour la suite de mes recherches. "Auriez vous l'amabilité de m'expliquer ce qu'il en est de ces 10 000 pages manquantes ?" Dans sa réponse datée du 11 septembre 1981, Hall m'expliqua :
"Pour votre gouverne, sachez qu'après une étude plus détaillée des archives non instruites, nous avons découvert qu'il y avait beaucoup moins de matériel que nous vous l'avions annoncé. Ce fut une erreur [oversight] de notre part et nous sommes désolés de vous avoir causé cette déception".
Pour conclure, Hall m'assura que ma demande avait été considérée "le plus impartialement possible" et que tous les documents seraient à ma disposition le plus rapidement possible. Le 9 août 1983 (environ 2 ans plus tard), je reçus une lettre de Hall me donnant des nouvelles de ma requête :
"Votre demande d'information est actuellement entre les mains d'un membre de notre personnel qui en fait le traitement. Cependant, étant donné l'énorme charge de travail à laquelle nous sommes confrontés continuellement, sans compter les nombreux appels et litiges qui en résultent, nous ne pouvons malheureusement vous dire quand cela sera terminé. Si vous n'êtes plus intéressé par cette information, veuillez le faire savoir au "Bureau". Votre coopération et votre patience sont hautement appréciées".
Avec un enthousiasme renouvelé, je répondis le 7 septembre 1983 que j'étais toujours intéressé par ces documents, lui confiant que le traitement de mes informations avait été plus long que prévu. Je lui exprimais cependant mon espoir que la personne chargée de ma demande pourrait y répondre dans un délai très proche.
Le 4 janvier 1984, je reçus enfin un premier paquet (249 pages) du siège central du FBI, à Washington. Il m'était précisé que celui-ci pouvait être considéré comme un cadeau du FBI si je décidais de retirer ma demande ou bien qu'il me coûterait 24,90 dollars si je décidais de continuer. Dans le paquet, la plupart des feuillets étaient fortement censurés, certains étaient entièrement barrés au feutre noir, à l'exception de la date et du lieu. Beaucoup d'entre-eux avaient été escamotés par d'autres feuilles, qui m'indiquaient le nombre de pages qui avaient été retenues et la raison de cette omission.
Les premières pages étaient toujours les plus censurées. Je trouvais cela très bizarre. Ce n'était pas tant l'information capitale pouvant se cacher sous ces taches noires qui m'intriguait que l'impression qu'ils l'avaient fait exprès pour me décourager ; était-ce dû seulement au hasard ? Cela je ne pourrais jamais le savoir. Malgré tout, je me rendis compte que le peu d'éléments valables obtenus me confirmait dans l'idée de poursuivre cette entreprise menée depuis plusieurs années. Je répondis bien entendu que je désirais continuer et que j'étais d'accord pour recevoir les documents au fur et à mesure de leur traitement[13].
Conclusions et implications
Après cette première remise de documents, je continuais à en recevoir sporadiquement du FBI. Je reçu ainsi 317 autres pages à la fin du mois de mai 1984, et 317 autres au début du mois de novembre de cette même année. En 1985, à la fin du mois de février, ils m'informèrent qu'ils avaient encore 736 pages à ma disposition, que je reçus en juin ; au mois d'avril 1986, enfin, ils m'en envoyèrent 551, m'indiquant qu'ils en avaient encore approximativement 3 300 à traiter. Si je ne me trompe pas dans mes calculs, j'avais reçu à cette date 2 170 documents, si l'on y rajoutait les 3 300 annoncées, cela faisait un total de 5 470, un résultat bien différent du chiffre calculé au départ par le FBI.
Il est inutile de vous préciser que ma requête initiale n'a pas reçu de réponse satisfaisante ; entre autre parce que le matériel envoyé, dans sa grande majorité, provient des agences régionales du FBI (lettres de sinarquistes interceptées, coupures de presse et autres publications ou documents totalement censurés ou de moindre valeur pour moi au moment de la rédaction de l´article). On pourrait alors penser qu'il a été impossible d'avoir accès aux archives qui contiennent la correspondance du FBI avec le Département d'Etat américain sur le sinarquisme. Pourtant, malgré toutes ces déceptions, malgré tous les obstacles rencontrés, et les multiples péripéties visant à soutirer une information suffisante sur le sinarquisme et son développement aux Etats-Unis, je crois que cette expérience, indépendamment de sa réussite ou de son échec, a été enrichissante. J'ai appris à quel point il était difficile de réaliser une recherche dans des endroits comme le FBI, où tout matériel consulté doit passer auparavant par toute sorte de révision, traitement et censure, avant d'être autorisé. J'ai pu par là-même apprécier la facilité d'accès d'autres archives qui, à la différence du FBI, permettent au chercheur de travailler selon ses envies et sans remplir certaines conditions préalables. J'ai pu aussi me rendre compte -précisément à partir des multiples restrictions imposées par le FBI- de la façon dont ils classaient leurs documents, de leur système d'archivage et de la sélection opérée sur le matériel qu'ils estiment eux, en tant qu'organisation gouvernementale, digne d'intérêt. Même si le FBI n'avait pas l'intention de me donner cette information, n'importe quel historien, aussi néophyte soit-il, pourrait lire entre ces lignes et comprendre, sans aucun doute que, en "temps de sécheresse il faut se contenter de peu d'eau"[14].
Je me suis rendu compte qu'il existe au FBI un fonds important et riche de publications sur les thèmes de mes recherches. En effet, parmi tous les documents que j'ai reçus portant sur le sinarquisme, plusieurs ont été publiés (il y a même des articles de journaux américains), et aucun n'a été censuré. De telle sorte que si je voulais recommencer mes recherches, je demanderais aux employés des archives de m'envoyer exclusivement l'information imprimée sur le mouvement, et la plus complète possible.
Il est assez ironique et même comique de penser qu'en payant finalement relativement peu, j'ai à mon service un employé chargé, depuis plusieurs années, de lire avec attention chacun des documents qu'il m'envoie et de les censurer. Ce doit être en réalité un travail exténuant. Mon lecteur anonyme ne doit apparemment pas toujours savoir quelle décision prendre. Il m'envoie alors une petite note pour me signifier que tel ou tel document a été renvoyé à ses supérieurs pour révision, "consulting" me dit-il. Je dois avouer, faute d'avoir vérifié, que je ne sais pas s'ils me font payer ces petites notes en extra, mais s'il en est ainsi, je le leur pardonne. Et bien que je ne pense pas que leurs pratiques dépendent de leurs attitudes personnelles, de toute façon je ne tiens plus à chercher la petite bête.
"La rétention d'archives du FBI sur l'affaire Lennon, effectuée par le gouvernement de Reagan, fait partie d'une politique plus large, hostile à l'accès du public à l'information gouvernementale" ; c'est ainsi que le qualifie un des chercheurs sur ce thème :
"Sous le gouvernement de Carter, les documents pouvaient être classés en tant que "confidentiels", et donc interdits au public par la FOIPA, seulement si leur consultation était considérée comme pouvant porter un "préjudice identifiable à la sécurité nationale". Si cette politique était déjà effectuée selon des critères assez vagues, les dernières directives données par Reagan [qui introduit la catégorie de "secrets"], ne fit qu'empirer les choses. Reagan supprima le mot "identifiable" de la définition. Dès lors un agent officiel chargé du traitement des matériaux du FBI peut interdire l'accès à un document même si le risque présenté par la consultation de ce dernier n'est pas identifiable"[15].
Les propos de cet historien me rappelle ce que nous disait Diamond sur l'accès aux archives du FBI. Une chose est sûre, c'est qu'après l'arrivée de Reagan au pouvoir, les documents ont été beaucoup plus censurés qu'auparavant. Ces nouvelles orientations coïncident avec les désirs affirmés par J. Edgar Hoover (directeur du Bureau pendant de longues années) qui, devant le Congrès et différentes cours, manifestait ses réticences quant à l'ouverture des archives du FBI aux gens de l'extérieur.
"L'attitude de Hoover reposait sur plusieurs motifs : peur que l'on découvre des activités illégales au FBI ; peur du scandale, aussi bien personnel que du Bureau ; et si l'on veut bien le croire, peur aussi pour toutes les informations dérogatoires non confirmées qui se trouvent dans les archives"[16].
Hoover est mort en 1972 ; mais selon toute vraisemblance, on continue à honorer sa mémoire, en utilisant les mêmes politiques restrictives à l'encontre des historiens. Je continue pourtant à espérer recevoir un jour tous les documents demandés et écrire ainsi une étude sur la vision que pouvait avoir le FBI du sinarquisme et de son développement aux Etats-Unis[17]. Et, même si je n'arrive jamais à rédiger quelque chose sur la façon dont l'information circule entre les différentes agences gouvernementales américaines durant la seconde guerre, je pourrais toujours témoigner de la difficulté d'entreprendre une incursion dans ces archives et d'affronter systématiquement des refus quant à la consultation et l'envoi des documents sollicités.
Bien que cette expérience m'ait donné matière à rédiger cet article, je continue, en outre, à me poser une question : pourquoi le FBI a-t-il refusé de m'envoyer gratuitement les documents sur mon thème d'étude -bien que j'en aie signalé tout l'intérêt pour le domaine public- alors qu'il m'a envoyé, cette fois sans me faire payer, la copie de toute ma correspondance avec cette instance, pendant tout ce temps, le but poursuivi étant pourtant le même ?
Une chose est sûre : même si l'historien, quelque soit l'objet de sa recherche, dédiait une grande partie de sa vie à la capture (parfois vaine) d'informations sur ces sujets et la vision de la réalité qu'il désire explorer, il ne pourra jamais survivre à une organisation.
Nous les historiens -ainsi que me le disait Diamond- avons la
vie courte, alors que les organisations, il ne faut pas l'oublier, continuent
à exister bien après que nous ayons abandonné nos
recherches, et même après que nous ayons quitté ce
monde.
[1] Cet article a été publié dans la revue Cuadernos, n°11-12, septembre 1989- avril 1990, Université de Guadalajara, pp. 3-12.
[2] Lázaro Cárdenas, président de la République de 1934 à 1940, gouvernement imprégné des idées de la révolution mexicaine ; sinarquisme : mouvement populaire d'extrême droite, d'inspiration chrétienne, ancré dans les campagnes pendant les années 1930-1940.
[3] Sur cette problématique, voir Sigmund DIAMOND, "Morality in Government : The Federal Bureau of investigation in the Mc Carthy period", History of political thought, n°7, 1986, pp. 167-185.
[4] Le principe de base du décret de liberté de l'information est que toutes les archives des agences gouvernementales doivent être ouvertes au public, sauf prescription spéciale. Le décret du FOIPA fut approuvé en 1966, malgré l'opposition véhémente du président Lyndon B. Johnson et fut appliqué à partir de 1967. En 1974, plusieurs amendements lui furent apportés, toujours malgré l'opposition du nouveau président, Gerald Ford. Voir à ce sujet Morton H. HALPERIN et Christine M. MARWICK, "Overview : What access FOIPA and official policy provides", The 1981 Edition of Litigation Under the Federal Freedom of Information Act and Privacy Act, 6e ed., ed. C.M. Marwick, pp. 1-10. Le décret sur le respect de la vie privée (Privacy Act) établit pour sa part que ce droit est un droit personnel et fondamental, protégé par la Constitution des Etats-Unis ; voir Charles C. MARSON, "The Privacy Act", Litigation Under the Federal Freedom of Information Act, pp. 139-160. Une grande partie des difficultés pour obtenir des informations de la FOIPA résultent de ce dernier décret. Les agences comme le FBI s'y réfèrent souvent pour refuser l'accès à certains documents. La seule manière d'y échapper est d'avoir la permission écrite de la personne concernée par ces documents ou de prouver que celle-ci est décédée. Encore faut-il savoir de qui il s'agit. Le FBI, comme le précise le professeur Diamond, se garde bien de préciser qui est cette personne.
[5] Evêque du diocèse de Chiapas de 1902 à 1912 puis du diocèse de Guadalajara de 1912 à 1936, qui fut l'un des principaux dirigeants de l'opposition catholique au gouvernement.
[6] Lettre du 11 juin 1980 de Servando Ortoll à David G. Flanders, chief de la FOIPA Branch, Records Management Division, FBI, Washington, D.C.
[7] La signature, David G. Flanders, chief, Freedom of Information-Privacy Acts Branch, Records Management Division, et la date, le 20 juin 1980, de cette lettre, étaient toutes deux tamponnées.
[8] Sur la marge gauche de cette missive, j'eus droit cette fois-ci à toute une liste de sigle : Exec AD Inv. ; Exec AD adm. ; Exec AD LES ; Adm. Serv.; Crim. Inv.; Indent.; Intell., Laboratoy; Legal Coun..., qui devaient correspondre à tous les bureaux en service au sein du FBI.
[9] Thomas H. Bresson à Servando Ortoll, 8 août 1980.
[10] Don Ignacio Montes de Oca (1840-1921), évêque des diocèses de Tamaulipas, de Linares puis de San Luis Potosí.
[11] Ortoll à Bresson, 30 avril 1981.
[12] Hall à Ortoll, 29 juin 1981.
[13] Ortoll à Hall, le 22 février 1984. En regardant de plus près le premier envoi de documents, je découvris que certains d'entre-eux avaient été traités en 1982 (deux ans avant de les recevoir). Il en fut de même curieusement avec les documents reÁu en 1988.
[14] La production historique, qui se réfère de plus en plus souvent à des documents obtenus du FBI, a amené un historien à réaffirmer l'idée que ce type de matériaux "pouvaient servir à autre chose qu'à soulever des scandales", C. Vann WOODWARD, "The dreams of Martin Luther King", New York Review of Books, 15 janvier 1987.
[15] John WIENER, "I Read the news today Oh boy : John Lennon Versus the FBI", The New Republic, 2 mai 1983.
[16] James Gregory BRAADSHER, "Historians, archivists, and FBI's Archives", Newsletter de l'Organization of American Historians (OAH), août 1986, pp. 9-34.
[17] J´ai commencé ma recherche en 1980. En 1997, le FBI m´a envoyé une note me spécifiant qu´il existait d´autres documents à ma disposition. Cette
histoire est loin d´être finie...
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Copyright © 1997 - Equipe Histoire et Société de l'Amérique latine / ALEPH - ISSN 1245 - 1517