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Après avoir séjourné longtemps hors de Colombie, j'ai été agréablement surpris par le grand nombre de chercheurs présents et par la diversité de thèmes qui ont été abordés. Il faut cependant, pour avoir une idée de l'importance relative de ce congrès, le comparer avec le VIIIème Congrès, où fut introduite l'organisation de symposiums correspondant aux terrains de recherche. Alors que durant le VIIIème Congrès, il y eut 10 symposiums et 118 communications, le IXème Congrès a enregistré 15 symposiums et 194 communications, avec l'apparition de nouvelles thématiques. On observe un intérêt constant pour l'époque coloniale et le XXème siècle, mais un désintérêt relatif pour le XIXème siècle. Si nous considérons les communications du point de vue de leur préférence géographique, nous pouvons observer la classification suivante : Antioquia et Viejo Caldas (27 communications), Cundinamarca et Boyaca (20), Barranquilla et Côte Atlantique (14), Cauca et Valle (9), Santanderes (6), Orénoque et Amazonie (3) et enfin Côte Pacifique (1). Il y a indiscutablement une relation entre préférence géographique et développement de la science historique colombienne.
L'un des objectifs essentiels du Congrès a été de consolider la communauté académique des historiens colombiens et d'établir des réseaux de chercheurs fondés sur la thématique développée dans chacun des symposiums. Le Congrès a aussi souligné l'importance de l'ouverture et du renforcement des relations avec les latino-américanistes et en particulier avec les colombianistes du monde entier.
Nous allons esquisser maintenant les tendances principales de la recherche, à partir des intitulés des symposiums.
* Histoire de l'Amérique latine et problèmes d'histoire du monde (15 communications) : on peut observer une grande hétérogénéité des recherches - qui vont de l'étude de la chicha et de l'aguardiente au Guatemala jusqu'à l'analyse de la politique extérieure des Etats-Unis - et une présence importante de chercheurs étrangers. Il faut remarquer le fait que maintenant des historiens colombiens travaillent sur des thèmes distincts de ceux du passé de la Colombie.
* Théories, méthodes et enseignement de l'histoire (16 communications) : ce thème est important dans un métier où la majorité des représentants a fait une licence de pédagogie et exerce la fonction de professeur dans l'enseignement secondaire.
* Ethno-histoire et histoire pré-hispanique (13 communications) : malgré quelques communications sur des études d'archéologie et sur des communautés indiennes actuelles (Inga et Kankuamo), l'intérêt principal s'est porté sur la question indienne et le rôle des Noirs durant la période coloniale.
* Archives, sources et information historique (7 communications) ; ce symposium a compté sur la participation de fonctionnaires des Archives Générales de la Nation et des historiens, ce qui a permis entre autres de traiter les thèmes suivants : organisation et description des archives locales et régionales, possibilités offertes par les archives historiques à l'enseignement, etc.
* Histoire de l'éducation (5 communications) : les politiques éducatives coloniales et républicaines ainsi que le rôle des disciplines comme la physique ont retenu l'attention des participants.
* Histoire du droit et des relations juridiques (5 communications) : ce symposium a permis à des juristes et à des historiens d'échanger des points de vue à propos du droit pénal et même de discuter sur les " mythes wiwas en tant que source des droits de l'homme ".
* Histoire de la médecine et de la santé (14 communications) : parmi les nouveaux symposiums, c'est un de ceux qui présentent le plus grand nombre de travaux. Il a fait preuve d'un grand dynamisme et d'une remarquable diversité thématique : médecines hippocratique, pré-hispanique, indienne et populaire ; histoire des hôpitaux, éducation médicale, politique de santé, politique psychiatrique, etc.
* Frontières et régions (13 communications) : les thèmes abordés concernent l'aménagement du territoire, la régionalisation et la perception de l'espace, les processus de peuplement et le rôle des groupements sociaux, les routes et les marchés, etc.
* Histoire urbaine et histoire des mouvements sociaux (14 communications) : on a remarqué l'absence de communications en histoire sociale, malgré l'existence de recherches dans ce domaine. Les thèmes principaux du symposium ont été : la fondation des villes et leur statut juridique, l'utilisation de l'espace et le peuplement urbain.
* Histoire économique, agraire et de l'entreprise (16 communications) : les historiens et les membres de l'Académie des sciences économiques ont discuté des thèmes concernant le monde du travail, l'histoire des chemins de fer et l'histoire fiscale et du crédit.
* Histoire de la culture et des mentalités (19 communications) : les sujets examinés dans ce symposium ont été : la religiosité, les imaginaires et les mentalités politiques, la culture et les valeurs éducatives, l'histoire de l'art et de la littérature, etc. On peut dire que dans ce domaine de la recherche historique colombienne, les travaux effectués et présentés au Congrès ne s'intègrent pas encore à l'intérieur d'une vision de l'ensemble de la société.
* Histoire de la famille et de la femme (13 communications) : les communications présentées se sont particulièrement intéressées aux familles populaires, aux esclaves et au concubinage. On peut néanmoins remarquer l'absence de chercheurs qui abordent la gender history.
* Histoire des sciences et des professions (9 communications) : les thèmes principaux ont été les débats et l'application des théories scientifiques ainsi que l'histoire de l'astronomie et de la botanique.
* Histoire politique (18 communications) : les travaux présentés concernent la culture politique et l'articulation du religieux et du politique, aussi bien sur le plan national que régional.
* Histoire des conflits sociaux et de la violence (17 communications) : ce symposium a été l'un des plus agités car son thème concerne l'actualité socio-politique du pays, l'histoire des mouvements de guérilla, celle des groupes para-militaires et du trafic de drogues.
Ce IXème Congrès a également été l'occasion d'une activité culturelle et éditoriale très diversifiée, grâce à la participation de collègues historiens des Etats-Unis, de Porto Rico, de Panama, d'Equateur, de Bolivie, du Venezuela, de France et d'Espagne. Un public très important a assisté aux conférences de Julián Casanova et de Josep Fontana sur le rôle des historiens dans la conjoncture mondiale actuelle.
Fidèle indicateur de l'état actuel de l'historiographie colombienne, le IXème Congrès a confirmé les progrès accomplis dans la recherche au cours des dernières années, mais on peut aussi remarquer la stagnation enregistrée dans le domaine du travail théorique et méthodologique.
L'Association des historiens colombiens a élu comme nouvelle présidente le professeur Beatriz Patiño, de l'Université d'Antioquia. Elle est spécialisée dans l'histoire des femmes et de la famille.
Le Xème Congrès aura lieu cette année à Medellín, le 26-29 août, et il rendra hommage à la mémoire du grand historien colombien Germán Colmenares, décédé en 1990.
Pour tout renseignement :
Décimo Congreso. Historia de Colombia
Universidad de Antioquia. Medellín.
Apartado Aéreo 1226. Téléphone : (94) 2105760
; Fax : (94) 2638282
ou
Décimo Congreso. Historia de Colombia
Universidad Nacional de Colombia, Sede Medellín
Apartado Aéreo 3840. Téléphone : (94) 2607555
; Fax : (94) 2604451
courriel : conhis10@perseus.unalmed.edu.co
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Copyright © 1997 - Equipe Histoire et Société de l'Amérique latine / ALEPH - ISSN 1245 - 1517