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Dans les régions, des amateurs, des chroniqueurs, des chercheurs, ainsi que des universités, des académies d'histoire et, parfois, les autorités des Etats ont participé à cette quête du passé. Vers la fin des années 1970 et durant la décennie suivante, des programmes de sauvetage des archives de l'administration publique ont été créés et ont abouti à la fondation d'Archives historiques dans les Etats, une infrastructure qui a favorisé la récente euphorie de la recherche régionale [2].
Les archives de San Luis Potosí et de Veracruz s'inscrivent dans cette vague novatrice. Deux mots, avant toute chose, pour expliquer ce choix. Outre les questions affectives qui me lient à ces villes, les deux cas sont exemplaires dans l'histoire mexicaine car il s'agit de deux régions stratégiques pour la conquête et la colonisation, et très actives dans l'économie, le commerce et la diffusion de la culture. En invitant à connaître ces régions, nous dévoilerons ici un pan de la richesse conservée dans les dépôts d'archives de San Luis Potosí et de Xalapa [3], en espérant que ce bref voyage incitera les chercheurs mexicanistes à contribuer à cette aventure collective qu'est la construction de la mémoire.
A proximité du centre-ville, dans une belle maison de la fin du XIXème siècle (décor de style andalou -avec une superbe cour intérieure et des arcades- ambiance de recueillement propre à l'étude), les chercheurs trouveront les Archives historiques de San Luis Potosí (AHSLP). Le personnel, à l'image des potosinos, est courtois, coopératif et compréhensif avec les visiteurs attirés par l'histoire régionale. Ces archives ont été inaugurées en 1979, grâce aux efforts de plusieurs institutions et personnalités, parmi lesquelles l'Academia de historia potosina et l'infatigable historien Rafael Montejano y Aguiñaga [4]. De plus, en collaboration étroite avec les AHSLP, un groupe de chercheurs anime aujourd'hui le Centro de Investigaciones Históricas (Centre de recherches historiques), dont l'activité, qui ne se borne pas à l'Etat de San Luis Potosí, concerne également l'espace régional. Il pratique une coopération avec des chercheurs d'autres institutions (Universités de Zacatecas, de Durango, Ibéro-américaine de Mexico et Archives Historiques de l'Etat d'Aguascalientes) qui participent aux enseignements de IIIème cycle, ainsi qu'aux séminaires, conférences et publications [5] Les chercheurs en voyage à San Luis trouveront, à coup sûr, un milieu actif et ouvert de recherche et de réflexion sur l'histoire et la culture régionales. Il est alors conseillé de disposer de temps.
Les fonds documentaires conservés aux AHSLP sont très riches. Ils procèdent des organismes publics ou privés, ainsi que de certaines collections léguées par des particuliers. Depuis la fondation de la ville -le 3 novembre 1592- jusqu'à nos jours, les pouvoirs publics ont produit une masse considérable de documents. Durant la période coloniale, les autorités les plus actives furent les alcaldes, les cabildos, les diputaciones de minería (représentations des exploitants miniers), les escribientes, les communautés religieuses, les commissaires de l'Inquisition, ainsi que les visiteurs royaux et bien sûr les écoles. Cette documentation s'est enrichie après l'Indépendance de nombreuses pièces, émanant notamment des autorités républicaines. Citons les représentants des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire), à tous les échelons, ainsi que les fameux notarios públicos et les institutions religieuses et privées (les évêchés, les ordres religieux, l'Institut Scientifique, ou encore des entreprises commerciales, minières ou industrielles) [6].
Les fonds de l'AHSLP sont actuellement organisés en plusieurs sections et départements qu'il convient de détailler. Tout d'abord, le Pouvoir législatif qui comprend les actes des débats et les résolutions du Parlement local pendant la période 1857-1929, ainsi que la correspondance qu'il a reçue et transmise entre 1906 et 1929. Les spécialistes du porfiriat et de la Révolution trouvent ici de précieux renseignements sur l'histoire politique, économique et administrative, non seulement de San Luis, mais aussi de l'espace régional environnant (Zacatecas, Aguascalientes, Guanajuato ou Tamaulipas). Un guide facilite la consultation de ce fonds documentaire, de même que les suivants.
Le Pouvoir exécutif est la section la plus vaste et la plus volumineuse de l'AHSLP. Elle comprend trois fonds : "Intendencia" de San Luis (1787-1821), "Provincia" de San Luis Potosí (1821-1824) et "Secretaría general de gobierno" (1824-1929). Elle possède, de plus, une collection complète de législation régionale (bandos, décrets, circulaires, lois, Journal officiel de l'Etat et de nombreux imprimés) de la fin du XVIIIème siècle à 1925, ainsi que le registre civil (naissances, mariages, décès), les registres de la propriété et du commerce [7]. On trouve dans ce dernier fonds, dûment classé, le répertoire annuel des notaires (1790-1900) [8], ainsi que les protocoles sur la minería qui réjouiront tout chercheur s'intéressant à l'histoire économique régionale, des entreprises ou des élites. Cent trente-neuf volumes retracent en effet les activités des mines et de sociétés minières entre 1880 et 1927. On y trouve, par exemple, des registres d'opérations et de négoces, des actions d'entreprises, des actes d'assemblées, des rapports ou des copies de lettres des mines (La Michoacana, La Potosina, El Prodigio, El dulce nombre de Jesús, la Compagnie minière Purísima y anexas de Bernalejo, etc.). En complément de ces documents, on consultera le fonds Agencia de Minería, bureau de mine créé par les Codes miniers de 1884 et 1892, chargé de légaliser les concessions, puis le registre des propriétés minières et l'inscription des compagnies : quatre cents dossiers qui couvrent la période 1659-1929 et font le bonheur des chercheurs.
Le fonds Secretaría general de gobierno intéresse particulièrement les questions politiques, financières ou administratives, et permet d'approfondir la question de la formation du pouvoir régional et des élites, de la fin du XVIIIème siècle à 1929. Il possède des documents portant sur les finances publiques régionales et locales : cinq volumes sur la Real Hacienda, sur les finances royales et les premières années de l'Indépendance (1755-1839), ainsi que nombreux documents concernant la Caja Real de San Luis Potosí et les comptes de la Tesorería General del Estado (1824-1929) ou encore de précieux dossiers tels les Cortes de Caja (bilans comptables), les Visitas (inspections fiscales), la Correspondencia (correspondance), les Informes (rapports) et des Cuadros estadísticos (statistiques). La série Representaciones consigne plusieurs cas de protestations ou demandes des partenaires sociaux vis-à-vis du gouvernement, qui montrent leur malaise ou leur opposition aux pratiques de l'administration, dont la pression fiscale. Enfin, le fonds Secretaría general de gobierno propose une importante collection de lois d'impôts et du budget des municipalités et de l'Etat (1824-1929) [9]. Les rapports entre fiscalité, activité minière et pouvoir (municipal et régional) sont autant de sujets de recherche à défricher.
La section Pouvoir judiciaire est indispensable à l'histoire régionale. Elle comprend tous les actes civils concernant les personnes, les sociétés, les biens, les obligations ou les héritages, ainsi que les documents relatifs à la justice civile et criminelle. Les documents les mieux classés portent sur la période 1824-1929, mais l'on y trouve aussi quelques dossiers pour l'année 1610 et pour la période 1737-1821. Ce fonds est d'un intérêt particulier pour les questions de délinquance et permet non seulement d'enregistrer les conflits sociaux -par exemple la criminalité ou la corruption- mais aussi de comprendre les mécanismes informels d'une société : par exemple la contrebande de tabac -animée aussi par des femmes- entre 1830 et 1840, et son rapport avec la crise du textile, ou encore la fraude fiscale des maisons de commerce [10]. Cette section propose de plus les documents de l'Alcaldía Mayor de la ville de San Luis Potosí et de Santa María de Charcas, correspondant au tribunal local et aux délits civils et criminels (1592-1841) [11], ainsi que les protocolos ou actes publics délivrés dans la ville de San Luis Potosí entre 1592 et 1789.
La section Pouvoir fédéral conserve de nombreux documents sur les chemins de fer (1926-1970), les biens nationalisés de l'Eglise (1923-1967) et le Tribunal de district (1867-1967). Ce dernier fonds, très riche, concerne les affaires de tout le territoire de l'Etat et peut orienter les chercheurs vers des cas -parfois des réseaux- d'infractions à la loi. Le chercheur y trouvera des sources ayant trait, par exemple, à la responsabilité des fonctionnaires, la circulation de fausse monnaie, les accidents ferroviaires, la contrefaçon de vignettes de l'impôt du Timbre, la contrebande, les rébellions, les biens nationalisés, etc.
Enfin, pour achever ce tour d'horizon -non exhaustif- des fonds des AHSLP, signalons l'existence de nombreux fonds privés répertoriés sous le nom de leur donateur et qui renferment de véritables trésors [12]. Il est fortement conseillé de consulter la collection "Guillermo Fonseca Alvarez" concernant les activités politiques dans l'Etat entre 1709 et 1885, le fonds "Moisés Perogordo y Lasso" qui propose des documents sur les activités minières entre 1858 et 1862, ainsi que les archives de la Parroquia del Sagrario de San Luis Potosí qui conserve les actes de baptême, de mariage et de décès depuis la fondation de la Real Parroquia de San Luis Potosí au XVIIème siècle. De plus, l'AHSLP possède d'importantes collections de photographies (douze mille environ), de disques de musique (régionale ou d'auteurs potosinos), de cartes et de plans (de la région, des villes, des mines, etc.), et une collection vidéo très variée.
Avant d'aller aux archives, le chercheur consultera quelques-uns des trente titres publiés par les AHSLP. Il y trouvera des recueils de sources [13], des réimpressions de livres anciens [14] et des études [15]. Il ne manquera pas de programmer une journée touristique pour découvrir le musée des "masques" -unique en son genre-, la Maison de la Culture - bel hôtel particulier du XIXème siècle - le célèbre théâtre "La Paz", sans oublier l'église del Carmen, joyau du baroque mexicain. S'il a le temps, il doit savoir que San Luis Potosí est un point stratégique pour visiter d'autres aires minières (Zacatecas, Guanajuato) ou agricoles (Aguascalientes, Jalisco), qui forment une vaste région économique pendant la période coloniale et bien au-delà de la Révolution.
Adresse : Archivo Histórico de San Luis Potosí
Calle de Arista ndeg.400, esquína Independencia
78000 San Luis Potosí, S.L.P./ MEXIQUE
Téléphone et télécopieur : (19 52 48) 14
26 69
A l'importance commerciale s'ajoute le développement agricole de la région (production de café, de canne-à-sucre, élevage), qui favorisa l'installation des pouvoirs publics à Xalapa. De plus, le port de Veracruz, premier centre des échanges extérieurs du pays -c'est le point de départ de l'argent vers l'Espagne- a toujours été la cible privilégiée des pirates et des corsaires (John Hawkins ou Lorencillo), puis des armées de puissances étrangères (françaises, anglaises, nord-américaines) ou de groupes hostiles au gouvernement en place (rappelons qu'au XIXème siècle presqu'un tiers des recettes fiscales de l'Etat national provenait de la douane de Veracruz). La situation vulnérable du port explique en partie le choix de Xalapa comme capitale de l'Etat, un choix esquissé dès 1821 et devenu définitif en 1885 durant le porfiriat. Surnommée l'"Athènes du Mexique", Xalapa est aussi la capitale culturelle de la région.
Malgré l'importance de la région, les Archives générales de l'Etat de Veracruz (AGEV) n'ont été aménagées et ouvertes au public que très récemment. Les documents dormaient depuis des lustres dans les caves des archives attachées au Mont-de-Piété national, ce qui posait de graves problèmes de conservation et de consultation. Avec la collaboration des Archives Générales de la Nation et sous la direction du Dr Carmen Blázquez Domínguez, puis de la Lic. María Elena García, le gouvernement de l'Etat a lancé en 1987 un vaste programme de sauvetage des archives. Après la mise à disposition, l'année suivante, d'un bâtiment pour abriter les fonds documentaires, le travail d'aménagement, de classification et de formation du personnel put commencer. La loi de 1989 (Ley estatal de administración de archivos) définit l'organisation actuelle et les responsabilités du personnel de l'institution [16].
Les Archives générales de l'Etat de Veracruz sont installées au coeur de Xalapa. Y sont conservés les fonds documentaires des pouvoirs publics relatifs à l'administration politique, juridique et judiciaire, et leurs rapports avec les institutions religieuses et privées. A la différence des Archives de San Luis Potosí, les fonds de Veracruz ne remontent pas au XVIème siècle (fondation de Veracruz par Hernán Cortés et début de la conquête [17]). Les documents "anciens" -XVIème-XVIIIème siècles- sont pour la plupart conservés aux Archives Générales de la Nation (AGN), à Mexico, ainsi qu'aux Archives municipales et paroissiales. Les AGEV ne détiennent que les pièces datant du porfiriat (1877-1911), de la Révolution (1911-1920), du cardénisme (1934-1940) et des gouvernements actuels (1950-1990).
Les fonds documentaires sont classés en trois unités : les archives administratives, les archives historiques et les archives graphiques. Les archives administratives sont divisées en cinq sections :
1. Pouvoir exécutif (1980-1992)
2. Pouvoir exécutif (1950-1979)
3. Pouvoir législatif (1960-1980)
4. Registre public de la propriété (1877-1980)
5. Tribunal supérieur de justice (1890-1970) .
Les deux premières sections, intéressant l'histoire du temps présent, concernent les affaires de plusieurs départements du gouvernement de l'Etat, dont le cabinet particulier du gouverneur, le cabinet général, le secrétariat du développement agricole et celui des communications et des travaux publics. Ces documents sont complétés par ceux du Législatif, relatifs à l'utilisation des deniers publics ("Contaduría y glosa") et aux aspects juridiques du gouvernement. De ces trois sections les chercheurs pourront extraire tout ce qui concerne la machine de l'Etat régional et son fonctionnement interne, ainsi que les politiques suivies par le gouvernement et le contrôle exercé par le législateur.
Les deux sections restantes satisferont d'autres curiosités. Le registre public de la propriété, concernant les vingt-deux zones géographiques de l'Etat (d'Acayucan à Xalapa), est très utile à l'étude de l'évolution de la propriété -base du système économique- dans une riche région agricole où les haciendas de café, de canne-à-sucre et d'élevage sont d'importance, mais aussi à celle du développement urbain. Les fonds du Tribunal de justice sont indispensables. On oublie trop souvent en effet que la justice d'un pays est le reflet de l'Etat et de la société. L'exploitation des documents portant sur les affaires civiles et criminelles, et de la correspondance entre les divers tribunaux permet de décrypter le fonctionnement de la justice et l'état de la société. Ce fonds comprend enfin les dossiers concernant la nomination des juges et le personnel judiciaire, dont le chercheur saisira tout l'intérêt.
Les historiens se régaleront avec la masse documentaire formant l'unité des archives historiques. Celle-ci comprend les archives du Pouvoir exécutif, les archives universitaires et les archives notariales, ainsi que trois collections privées [18]. Les premières comportent les groupes documentaires suivants :
Archives historiques du Pouvoir exécutif
- Gouvernement, 1893-1920 [19]
- Justice et instruction publique, 1899-1919
- Finances publiques de l'Etat, 1893-1935
- Fomento (travaux publics, industrie), 1901-1919
- Statistiques, 1901-1924
- Gouvernement et justice, 1921-1949
- Junte centrale de conciliation et arbitrage, 1919-1949
- Agriculture et élevage, 1930-1949.
La richesse de ce fonds est considérable. Les documents concernent tous les secteurs de l'administration de l'Etat de Veracruz, dûment classés, et couvrent les administrations de Teodoro A. Dehesa -fidèle de Díaz qui, en 1910, souhaitait une alternance à la succession du dictateur-, ainsi que les changements survenus durant la Révolution, les gouvernements de Cándido Aguilar ou de Heriberto Jara. Au-delà, on pourra apprécier la respiration d'un gouvernement régional dans le tourbillon de l'avant et de l'après Révolution.
Le groupe documentaire "Finances publiques" offre la possibilité d'étudier les mécanismes de la fiscalité régionale et leurs rapports avec la fiscalité fédérale porfiriste, et permet également de s'interroger sur la reconstruction financière des pouvoirs régionaux post-révolutionnaires et son impact social. De plus, en croisant ces informations avec celles des groupes documentaires "Agriculture", "Fomento" ou "Statistiques", le chercheur peut dresser un bilan des mesures concrètes, voire de l'originalité régionale, de la politique industrielle caractéristique du porfiriat -encouragement aux investissements étrangers, par exemple-, ainsi que des continuités ou des changements imprimés par la Révolution. Ces fonds permettent encore de comprendre les liens multiples unissant les élites économiques et culturelles aux élites gouvernantes [20].
En outre, les chercheurs pourront apprécier la création et le fonctionnement de la nouvelle "Junte de conciliation et d'arbitrage", institution chargée de régler les conflits du travail dans une région où les industries textiles, les grandes brasseries et les nombreuses manufactures ont fait naître un important secteur ouvrier. Dès la fin du XIXème siècle, plusieurs villes, telles Santa Rosa ou Rio Blanco, se développèrent avec l'installation des grandes industries [21]. Rappelons que la grève de Rio Blanco (1907), réprimée dans le sang, devint un symbole du mouvement ouvrier national.
D'autres fonds sont tout aussi importants pour l'histoire de l'économie, de la politique et de l'éducation. Ainsi, les archives du département universitaire et de l'enseignement secondaire (1916-1950), ou les archives notariales qui rendent compte des sociétés commerciales, industrielles ou financières, des transactions foncières ou d'héritages de grandes et petites fortunes. Autant de champs vierges à défricher, que l'on complètera en consultant des fonds privés -Teodoro A. Dehesa (1877-1914), Adalberto Tejada (1924-1932) et Leonardo Pasquel (1821-1960), riches de données politiques et sociales, régionales et nationales.
Soulignons l'existence d'une importante collection de lois et décrets (1824-1991), ainsi que d'une vaste collection de périodiques (1877-1991), véritables mines de renseignements de toute nature. Celle-ci est composée de journaux officiels (Diario oficial de la Federación 1906-1992, Gaceta oficial 1879-1991, Semanario judicial de la Federación 1899-1949, et Diario de Jurisprudencia 1904-1913) et de journaux régionaux et nationaux pour la période 1980-1992 (Diario del Istmo, Diario de Xalapa, Dictamen, El mundo de Córdoba, La Opinión, Perfil de Veracruz, ainsi que El Día, La Jornada, El Nacional, Uno más uno, Ovaciones, entre autres).
Les AGEV possèdent d'autres trésors qu'il convient de mentionner. Le département graphique conserve ainsi plus de quatorze mille photos de différentes régions de l'Etat, énorme collection qui a permis de recréer un pan de la mémoire visuelle de Veracruz. Certes, cette démarche des historiens des AGEV et du Centre de Recherches historiques de l'Université Veracruzana, consistant à traiter les images (photographies, illustrations ou dessins) comme des traces du passé, n'est pas nouvelle [22]. Ces historiens innovent cependant en réunissant trois types de recherche dans un même projet : histoire orale, commencée dans les années 1970, histoire documentaire, réalisée avec les archives, récupération patiente d'images inédites. Les résultats -une collection de onze volumes, Veracruz : Imágenes de su historia [23] - constituent un programme, méritant d'être suivi par d'autres historiens, qui contribue non seulement au développement de l'histoire régionale, mais aussi "à l'histoire de la photographie au Mexique" [24]. Cette triple démarche redonne à l'histoire de la chair, de l'esprit et de l'humeur...
Les visiteurs des AGEV apprécieront le caractère joyeux des jalapeños et les activités culturelles propres à Xalapa. Il est conseillé, toutefois, de prévoir au moins une journée de visite au magnifique musée d'Anthropologie qui expose plus de 2 500 pièces archéologiques témoignant du passé des cultures olmèques (dont les têtes colossales), totonaques (dont les caritas sonrientes) et huastèques. La conception architecturale et muséographique de l'ensemble surprendront d'ailleurs plus d'un connaisseur.
Adresse : Archivo General del Estado de Veracruz
Av. Venustiano Carranza esq. Bolivia
9100 Xalapa, Veracruz/Mexique
Téléphone : (19 52 28) 18 53 00
[2] Un inventaire de la recherche régionale a été dressé par Mario Cerutti,dans son article "Contribuciones recientes y relevancia de las investigaciones regionales sobre la segunda parte del siglo XIX", in Los lugares y los tiempos. Ensayos sobre las estructuras regionales del siglo XIX, Mex., Ed. Nuestro Tiempo, 1986, pp.15 - 49. Un plus récent par Alvaro Matute, "Los actores sociales de la Revolución Mexicana en 20 años de historiografía (1969-1989)", en Universidad de México, XLIV, nov. 1989, Mex, UNAM, 1989.
[3] L'été 1992, lors d'un séjour au Mexique, j'ai parcouru les Archives de San Luis et de Xalapa. Je me suis entretenu, à San Luis Potosí, avec la Maestra Isabel Monroy de Martí, directrice des Archives Historiques et avec le Dr. Tomás Calvillo Unna, directeur du Centre de recherches historiques, et, à Xalapa, avec la Lic. María Elena García, alors directrice des Archives générales de l'Etat de Veracruz, et l'historien Bernardo García Díaz, chercheur au Centre de recherche historique de l'Université Veracruzana. A eux et au personnel des deux Archives qui ont facilité ma tâche, tous mes remerciements.
[4] Depuis le XVIème siècle, plusieurs personnalités ont lutté pour la conservation et l'organisation des documents concernant l'histoire de la région de San Luis Potosí. Citons Primo Feliciano Velázquez qui, entre 1897 et 1899, a réuni dans quatre volumes une riche collection de documents de 1550 à 1893 (P.F. Velázquez, Colección de documentos para la historia de San Luis Potosí, Archivo Historico de San Luis Potosí, 1985-1987).
[5] Le Centro de Investigaciones Históricas de San Luis Potosí anime une maîtrise en Histoire et collabore au doctorat d'histoire régionale de l'Université de Zacatecas. Les projets de recherche du Centre portent sur l'histoire du travail et des entreprises minières, sur les processus d'urbanisation, sur les relations mexicano-nord-américaines, avec une perspective régionale. Pour plus d'informations, écrire à : Centro de Investigaciones Históricas de San Luis Potosí, A.C. Arista 420/7800 San Luis Potosi/Mexique. Tél. et fax. (19 52 48) 12 32 21.
[6] Une grande partie de nos informations est inspirée de l'article de notre ami, l'historien Alfonso Martínez Rosales, "El Archivo Histórico del Estado de San Luis Potosí", in Historia mexicana XXXIII, nº2, octobre-décembre 1983, pp.318-336.
[7] Il existe deux guides publiés des documents du XVIIIème siècle (Ricardo García López, Guía de Instrumentos públicos, 1795-1804, San Luis Potosí, AHSLP, 1991, et Guía de protocolos de instrumentos públicos del siglo XVIII. 1790-1794, San Luis Potosí, AHSLP, 1988).
[8] Citons, pour le XIXème siècle et entre autres, les notaires Mauricio Vega (1835-1865), Ignacio López Portillo (1836-1877), Isidro Calvillo (1856-1893) ou Antonio de P. Nieto (1863-1900).
[9] Sur les finances publiques régionales aux AHSLP, voir l'article de Barbara Corbett, "Historia de la hacienda pública en el Archivo histórico del estado de San Luis Potosí", in Boletín de fuentes para la historia económica de Mexico, ndeg.4, México, El Colegio de México, 1991, pp.9-17.
[10] Voir B. Corbet, op. cit., p.14.
[11] Voir A. Rosales Martínez, op. cit., pp.324-328.
[12] Voici la liste des donateurs : Guillermo Fonseca Alvarez, Florencio Salazar Martínez, Pedro Antonio de los Santos, Ing. Rogelio Moctezuma, Lic. Arnoldo Kaiser, Philip Wayne Powell, Buenrostro, Dr. José Miguel Torre, Pro-Música, Co. impresos Potosinos, Caja Fuerte Biblioteca Nacional, Lic. Humberto González, Miguel Vargas Zenella, Miguel López Hoyuela, Gral. Ildefonso Turrubiartes, Lic. Modesto Sánchez Ricavar, Mtro. Jan Bazant, Moisés Perogordo y Lasso, Collection Manuel José Othón, Ing. Lucio Muniain.
[13] A. Martínez Rosales, Documentos de la Hacienda de la Tenería, 1991, I. Monroy de Martí, Documentos y grabados para la historia de San Luis Potosí, 1991. P.F. Velázquez, Colección de documentos para la Historia de San Luis Potosí, 1987, fac-similé de l'édition de 1897-1899.
[14] Los agustinos en San Luis Potosí, 1989, A. Cabrera, Apuntes históricos, geográficos y administrativos referentes a la ciudad de San Luis Potosí, 1991, fac-similé de l'édition de 1891, F. de Pareja, Crónica de la provincia de la Visitación de Nuestra Señora de la Merced Redención de Cautivos de la Nueva España, 1989, fac-similé de l'édition de 1882. P.F. Velázquez, Historia de San Luis Potosí, 1982, fac-similé de l'édition de 1946-1948.
[15] T. Calvillo Unna, Cartas secretas : en vísperas de la llegada del presidente Benito Juárez a San Luis Potosí, (1862-1863), 1990, R. Montejano y Aguiñaga, Los Infante, introductores de la imprenta y del grabado en la Provincia de San Luis Potosí, 1990, C.A. Ramírez, Tanquián el poder y su dinámica histórica en la huasteca potosina, 1870-1985, 1989.
[16] La Maestra Olivia Domínguez, aujourd'hui directrice des Archives, poursuit les efforts entrepris.
[17] Rappelons que le 22 avril 1519, avec une armée de cinq cents soldats, Hernán Cortés débarque à San Juan de Ulúa et fonde la ville qu'il appelle Villa Rica de la Vera Cruz. Puis, il nomme les autorités, alcaldes, regidores et alguacil mayor. Le conseil de la mairie élit Cortés capitan general et lui accorde le droit de percevoir un cinquième des profits de la ville...
[18] Il n'est pas inutile de signaler qu'au Mexique les archivistes mesurent la taille des fonds en mètres linéaires (ml), soit, selon un rapport de juillet 1992, 1 317 ml pour la section du Pouvoir exécutif (1950-1992), 650 ml pour celle du Registre public de la propriété, 1 752 ml pour le Pouvoir législatif et 2 852 ml pour le Tribunal supérieur de justice. Au total, l'unité des archives administratives compte 6 671 ml.
[19] Cette unité a un total de 1 923 mètres linéaires, soit 1 298 ml pour le Pouvoir exécutif, 350 ml pour la bibliothèque et 275 ml pour les périodiques.
[20] Chacun de ces fonds est très varié. Ainsi, par exemple, dans le groupe documentaire Secrétariat du gouvernement, la section gouvernement comprend plusieurs unités thématiques : activités sociales et culturelles (fêtes civiques, célébrations religieuses, etc.), administration municipale, affaires du travail, communications, correspondances, élections, étrangers, industrie, législation, milice, travaux publics, ports et phares, liberté de culte, sécurité sociale, terres, sinistres et sécurité publique. Chaque unité comprend à son tour plusieurs séries. Par exemple, la sécurité publique propose les séries département de police, gardes du corps de sécurité, revue du corps de sécurité publique et fanfare, rapports sur les amendes et peines correctionnelles, armement, tranquillité publique, rapports et informations sur l'état journalier de la sécurité publique.
[21] Voir B. García Díaz, Textiles del Valle de Orizaba (1880-1925), Xalapa, Universidad de Veracruz, 1990.
[22] Voir El Album del centenario publié en 1910, les travaux des archives Casasola ou les publications plus récentes História gráfica de México, Memoria y olvido, Así fue la Revolución Mexicana ou encore les Biografías del Poder d'E. Krauze, entre autres.
[23] Quelques titres de cette collection publiés entre 1989 et 1993 sont les suivants : Orizaba, Santa Rosa y Rio Blanco, Coatepec, Papantla, Tuxpan, Los Tuxtlas, Xalapa, Veracruz, oeuvres des historiens Bernardo García Díaz, Laura Zevallos Ortíz, Adrián Mendieta Pérez, Soledad García Morales, José González Sierra, Adriana Naveda Chávez, entre autres.
[24] L. Gamboa, "Veracruz : imágenes de su historia", commentaire dans la présentation des trois premiers livres de la collection, 1990.
Copyright © 1995 - Equipe Histoire et Société de l'Amérique latine / ALEPH - ISSN 1245 - 1517