Copyright © 1995  -  Equipe Histoire et Société de l'Amérique latine / ALEPH  -  ISSN 1245 - 1517

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Historiographie de la fiscalité du porfiriat : 1867 - 1992

Javier Pérez Siller

La fiscalité est un révélateur du pouvoir car elle permet d'observer les rapports multiples entre la dynamique des structures économiques et les politiques de l'Etat, entre les finances publiques et la légitimité du pouvoir, entre le gouvernement et les différents partenaires sociaux, entre les hommes politiques et les hommes d'affaires. Elle est un observatoire privilégié pour mieux comprendre l'évolution des rapports entre l'Etat et la société. Pourtant, les recherches historiques sur la fiscalité des pays d'Amérique latine sont encore embryonnaires et, pour la plupart, se caractérisent par le maintien d'un regard restreint du "fait fiscal", soit cantonné aux aspects économiques, administratifs, politiques ou juridiques, soit limité aux problèmes des impôts, de la dette publique, des dépenses budgétaires ou de politique économique. Toutefois, depuis deux décennies se dégage une volonté d'élargir le champ de la fiscalité et de la replacer dans l'histoire [1].

L'analyse de l'historiographie de la fiscalité du porfiriat (1876-1911) - période de l'histoire mexicaine marquée par la croissance économique, l'intégration d'un marché intérieur et la consolidation de l'Etat national - permet d'examiner ces tendances, de dévoiler les qualités des sources (les limites des données, leur origine, la forme sous laquelle elles ont été recueillies, leur homogénéité et continuité), ainsi que les lacunes des études et des recherches portant sur cette période. Une telle analyse replace dans le même temps la production historiographique dans le contexte où elle fut produite et la relativise. Au-delà du "fait fiscal", en effet, cette production véhicule la représentation que les hommes se font de la fiscalité (ses composantes et ses limites), tant pendant la période concernée (pour faire face aux défis d'une époque) qu'après celle-ci (la reconstitution faite par les chercheurs). Ces traces de la fiscalité sont en définitive des témoins précieux des diverses conceptions de l'histoire.

Dans cet essai, non exhaustif mais exemplaire par la démarche et le type de productions historiographiques étudié, nous passerons d'abord en revue les sources mexicaines et françaises (ces dernières indispensables, nous le verrons, pour comprendre la fiscalité du porfiriat). Puis nous examinerons les publications d'époque, mexicaines et étrangères, pour nous consacrer enfin aux études de la fiscalité du porfiriat publiées entre 1920 et 1992. Nous passerons rapidement sur le contenu de certains ouvrages que nous voulons replacer ici dans le flux de la production historiographique. Signalons, de plus, que nous avons exploité l'ensemble du corpus dans notre thèse de doctorat [2]. Au lecteur de juger de l'utilité et de la pertinence des commentaires.

Traces fiscales et consolidation de l'Etat

L'existence de sources sur la fiscalité, c'est-à-dire de traces sur le "fait fiscal", est lié à l'évolution des appareils de l'administration publique, aux politiques du gouvernement, aux projets et critiques du Législatif, aux commentaires des intellectuels et, parfois -souvent même -, aux intérêts des partenaires sociaux, tant nationaux qu'étrangers, tels les Français durant le porfiriat. Les investisseurs français - immigrés au Mexique depuis la moitié du XIXème siècle ou demeurant en France sont en effet les plus actifs dans ces domaines, surtout entre 1905 à 1914. Ils contrôlent alors plus de deux tiers des investissements dans la banque mexicaine et dans la dette publique, ce qui en dit assez sur l'intérêt particulier des Français et annonce l'existence d'une abondante documentation et d'un regard spécifique et attentif sur les affaires mexicaines.

De leur côté, les sources mexicaines permettent de faire une radiographie des appareils financiers de l'Etat, de retracer leur fonctionnement, de reconstituer l'ensemble des taxes, des dépenses, de la dette. Elles révèlent encore les réflexions et les propositions des élites - politiques, administratives et économiques - concernant la politique fiscale et économique, ainsi que leur carence et leur efficacité. La masse de sources manuscrites conservées aux Archives générales de la nation (AGN) dans la sixième section (Hacienda Pública) est énorme. Elle concentre les documents produits par l'administration centrale du ministère des Finances concernant toutes les branches de la fiscalité fédérale (douanes, contributions directes, dette publique, trésorerie, biens nationalisés, Hôtels de frappe des monnaies, statistique, contentieux, etc...). Or, si les dimensions de la documentation et son faible classement interdisent tout examen approfondi [3], il est possible en revanche de consulter les publications officielles concernant les pouvoirs Exécutif et Législatif qui appartiennent à ce fonds documentaire.

Depuis 1857, le caractère républicain de l'Etat impose aux différents pouvoirs la présentation de rapports annuels [4]. Ainsi, le premier jour des travaux parlementaires, le président de la République doit informer la Nation de l'état de l'administration publique. Avant le vote de la politique économique, le ministre des Finances doit à son tour présenter son rapport annuel et les propositions de lois fiscales et budgétaires pour l'année à venir. Enfin, le chef de la Trésorerie doit soumettre les comptes publics à la Cour des comptes - composée de députés et d'inspecteurs fiscaux - avant leur sanction par le Congrès. Ces activités ont laissé les traces les plus importantes qui permettent de suivre à grands traits la marcha de la hacienda pública.

Le rapport du chef de l'Etat est un geste plus politique qu'analytique. Triomphaliste ou pondéré - selon la conjoncture - l'exposé du président décrit les actions des différents secteurs de l'administration (diplomatie, politique intérieure, économie, éducation, travaux publics, santé, etc.), en abordant parfois les points chauds de l'actualité politique, davantage pour se justifier que pour mettre en lumière les problèmes. Les finances publiques sont ici partie intégrante d'une politique générale du gouvernement. Elles servent également à désigner les urgences ou à souligner les succès. Pendant les années 1870-1890, les premières sont plus nombreuses, tandis que vers la fin du porfiriat les succès ont plutôt un air d'auto-affirmation [5].

Le rapport du ministre des Finances (Memoria de Hacienda), également justification, s'efforce, quant à lui, à l'image d'un bilan d'entreprise, de retracer le fonctionnement du ministère. Il suffit d'en lire la première partie, dans laquelle le ministre fait le bilan de la politique fiscale poursuivie pendant l'année écoulée. Dans cet exposé, ce dernier évoque différents aspects de son ministère : organisation financière, perception des recettes, évaluation des principaux secteurs d'imposition, comptes de l'année fiscale, comparaison avec les autres années, législation, description des documents annexes. De plus, jusqu'en 1896, les Memorias de Hacienda comportent d'intéressantes réflexions sur la situation économique du pays, les obstacles que rencontre la politique fiscale et les solutions envisagées. La seconde partie est plus spécialisée. Elle contient les bilans administratifs de chaque section du ministère des Finances, dans lesquels les chefs de section, documents statistiques à l'appui, dépeignent les activités de leur secteur durant l'année fiscale (douanes, impôts intérieurs, Hôtels de frappe des monnaies, loterie, banques, chemins de fer, etc.). De même que les rapports présidentiels, les MH rédigés par Limantour deviennent des comptes rendus plats qui réaffirment le "progrès de l'administration". Ainsi, malgré leur scrupuleuse fidélité à la politique gouvernementale, ces rapports constituent les meilleures sources descriptives concernant la conception - et surtout la justification - que le gouvernement avait des finances publiques [6].

De leur côté, les Cuentas del Tesoro Federal, présentant le bilan annuel de la comptabilité financière de l'Etat [7], constituent la principale source quantitative. Structurés selon les techniques administratives de l'époque, ces comptes sont d'une lecture difficile, fastidieuse et, parfois, obscure. Ils sont composés de six parties : ensemble des recettes, recettes de la loi des impôts, dépenses par département et dépenses budgétaires, ensemble des dépenses, résumé comparatif des parties précédentes, actif et passif à la fermeture du compte. Les Cuentas del Tesoro Federal permettent de réaliser des séries quantitatives - des recettes et des dépenses - couvrant toute la période, ce qui représente une source inestimable pour la fiscalité en général [8].

Ajoutons que tous les projets de lois fiscales et budgétaires, les Memoria de Hacienda et les Cuentas del Tesoro Federal étaient sanctionnés par la Chambre des députés. Après leur dépôt par le gouvernement, cette dernière devait les transmettre à une Commission, composée de trois à cinq députés élus par l'Assemblée, chargée de les étudier et de présenter un rapport avant débat, éventuelle modification et approbation par les députés [9]. Ces travaux parlementaires sont publiés dans le Journal des débats de la Chambre des députés (Diario de los debates...), dont la lecture permet de suivre les débats de l'Assemblée - très animés jusque dans les années 1880 - concernant la politique économique du porfiriat. Ce journal est riche en discussions sur les lois financières (impôts, contributions, monnaie), mais aussi sur les travaux publics, les concessions de chemins de fer et l'établissement des banques, sur les exonérations d'impôts accordées aux investisseurs, ou encore sur la reconnaissance des dettes...

Les députés sont censés représenter divers groupes d'intérêts (politiques, économiques, nationaux ou régionaux) qui tentent d'influencer la politique économique, de tirer des bénéfices politiques, parfois financiers, de la distribution des différents budgets, des hausses ou des réductions des impôts, ou de l'octroi des concessions. Les commerçants, les exploitants miniers ou les financiers cherchent à se faire représenter à la Chambre par des députés qui leur sont dévoués. Le Diario de los debates, qui livre les interventions des députés, dévoile l'existence de filiations ou de liens unissant ces derniers à différents groupes d'intérêts. La lecture des débats parlementaires est donc nécessaire pour mieux saisir les rapports entre politique financière et groupes économiques.

Les archives françaises enrichissent les informations qu'offrent les sources mexicaines. Les documents conservés en France - pays compétiteur sur le marché mexicain - ouvrent une autre perspective : celle des rapports entre les finances mexicaines, les intérêts français, la concurrence entre puissances et les finances internationales. Ils permettent également de connaître les liens entre ces niveaux et les justifications politiques de l'expansion française - en particulier depuis 1881, lorsqu'un financier français obtient la concession pour la création de la Banque Nationale du Mexique, jusqu'à 1914, lorsque la banque de Parisbas dirige l'emprunt Huerta -, justifications reprises tant en France qu'au Mexique.

Les archives du ministère français des Affaires Etrangères, le célèbre Quai d'Orsay, livrent les dépêches rédigées à l'intention de leur ministre par les diplomates français au Mexique : ambassadeurs, attachés culturels, consuls, mais aussi envoyés spéciaux, militaires ou financiers. Ces documents diplomatiques, lucides et sans détour, brossent un tableau instructif de la réalité mexicaine et de l'évolution des intérêts de la France. Les papiers conservés dans les archives du ministère de l'Economie et des Finances complètent ce tableau [10]. Ici encore, les sources sont multiples : rapports, études et lettres des industriels, banquiers ou financiers intéressés dans les "affaires" mexicaines, communications entre les ministres des Finances et des Affaires Etrangères et même émanant des autorités mexicaines [11]. Les archives françaises témoignent ainsi des mécanismes financiers, politiques et même culturels régissant les deux pays, de la progression des intérêts économiques français et de l'étendue des rivalités entre diverses puissances concurrentes (notamment les Etats-Unis et la Grande-Bretagne).

Il convient de confronter aux documents officiels des deux pays les commentaires de la presse de l'époque, tant mexicaine que française, et, dans certains cas, anglaise et nord-américaine. Si cette démarche semble s'écarter du champ du présent essai, soulignons toutefois que les journaux présentent un éventail des diverses positions politiques concernant les finances de l'Etat - en particulier la dette, la politique douanière, le commerce extérieur et les investissements - et révèlent les dessous de la politique financière. La presse est une source qui offre de multiples facettes des finances publiques mexicaines ; elle propose une sorte de respiration de l'évolution des intérêts financiers, une vision que relativise l'étude des travaux réalisés sur ce sujet.

La fiscalité : obsession des élites dirigeantes

Les livres publiés sous le porfiriat concernant la fiscalité sont plus nombreux que les ouvrages postérieurs portant sur le même sujet [12]. En fait, les quatre cinquièmes des publications de l'époque (1877-1911) consacrées à l'économie touchent les finances publiques [13], ce qui en dit assez long sur l'attention portée par les élites porfiristes à l'instauration, à l'organisation et au fonctionnement du régime fiscal. Ce constat fait également apparaître une lacune importante de l'historiographie récente sur un aspect qui est essentiel pour comprendre le fonctionnement de l'Etat, sa politique financière, pour mesurer l'essor économique - le miracle du porfiriat -, pour reconnaître les alliances entre l'élite politique et les hommes d'affaires et, surtout, pour expliquer la longévité de la dictature.

En y regardant de plus près, on ne peut que constater que peu de publications datant de 1867 à 1914 peuvent être considérées comme de véritables études. Réalisées dans le feu de l'action, elle se préoccupent en effet davantage de répondre aux problèmes spécifiques du moment ou de justifier les décisions prises que de proposer une étude critique, sereine et raisonnée de l'ensemble des finances publiques. Néanmoins, de tels travaux demeurent parfois des sources inestimables qui permettent d'apprécier l'évolution de la problématique financière, d'identifier les "véritables difficultés" et leurs représentations, ainsi que les solutions envisagées par les hommes de l'époque.

Durant les premières années de notre période (entre 1867 et 1880), la bibliographie traite plus volontiers de questions générales roulant sur l'administration et le système fiscal : le temps est à l'instauration d'un gouvernement stable. Les ouvrages font des propositions concrètes quant à un Plan de Hacienda, à l'organisation administrative ou encore à la création de nouveaux impôts [14]. Outre avancer des solutions, ces travaux dévoilent l'idée qu'on se faisait alors des finances publiques et de leur rôle dans la stabilité du pouvoir. En général, la Hacienda Pública est en effet considérée par les intellectuels et les politiciens comme une sorte d'administration domestique ayant pour objectif de gérer le patrimoine familial, d'en éviter la dilapidation et de l'accroître, en quelque sorte de faire tourner efficacement la maison [15]. Si certains intellectuels développent différentes techniques propres à l'administration de l'Etat, telles que le prélèvement des impôts, la gestion des dépenses et l'utilisation sage du crédit, l'ensemble reste lié à une politique générale tout en mettant l'accent sur tel ou tel aspect jugé prioritaire. En outre, il ressort de tels travaux que l'on accorde une place importante aux finances publiques dans la reconstruction et le développement de la République [16].

A cette conception domestique, mais globale, s'ajoute le développement d'aspects historiques présents dans certaines études. C'est le cas des Memoria de Hacienda ou des rapports de la première heure de la République écrits par les hommes du gouvernement : Guillermo Prieto [17], Manuel Payno [18], José María Iglesias [19] ou Matías Romero. Dans son célèbre Memoria de 1870, ce dernier fit ainsi un bilan minutieux de l'histoire financière mexicaine depuis la fin de la période coloniale [20]. Le recueil d'informations légué par le ministre constitue sans doute la plus importante synthèse que nous possédons aujourd'hui de l'évolution annuelle des finances, de la fin du XVIIIème siècle à 1870. Cependant, le but recherché par l'auteur (tirer des leçons du passé pour plaider en faveur d'une réforme financière) laisse la masse d'informations au niveau d'inventaire afin de démontrer les vertus du projet qu'il soutient.

La deuxième vague de publications (de 1880 à 1896) se caractérise par une abondance de récits focalisés sur divers aspects financiers. Les conseillers du prince et les experts en économie étudient fondamentalement la question des banques [21], l'histoire de la dette [22], les travaux publics [23] et le problème monétaire [24], autant d'éléments conçus comme les instruments du progrès économique. Ces auteurs proposent de véritables descriptions approfondies et éclairées, qui enracinent ces aspects dans le système financier de l'Etat. La vétusté de ce dernier est en effet considérée comme un obstacle majeur entravant la marche vers la modernisation du pays.

Ce courant s'accompagne des premiers travaux généraux -réalisés par des auteurs mexicains mais aussi étrangers - qui font progresser tant les méthodes d'étude que l'analyse elle-même. Ainsi, par exemple, le rapport sur les finances mexicaines de l'anglais Kozhevar, écrit en 1886 à la demande du Conseil des porteurs de titres de la dette mexicaine. Avec, à la base, un regard de banquier (connaître les garanties de l'emprunteur et les profits des bailleurs des fonds), ce rapport articule le propos financier autour de l'étude de la richesse du pays, du commerce et des moyens de progrès économique ; l'auteur achève d'ailleurs son ouvrage par l'assurance d'un avenir radieux pour le Mexique [25].

Tout aussi confiant est le mexicain Emiliano Busto, haut-fonctionnaire du ministère des Finances, dans son étude comparative "entre le système administratif des finances de France et du Mexique[26]. Cet ouvrage, entrepris pour être présenté à l'Exposition universelle de Paris de 1889, est une sorte de propagande officielle. L'auteur y met l'accent sur le système juridique de l'administration publique (les ministères, la fiscalité et la comptabilité budgétaire) et fait appel aux investisseurs en leur montrant les "droits dont ils peuvent jouir dans notre pays et les franchises et les garanties que les lois leur accordent[27]. Le texte réduit l'étude des finances à ses aspects légaux et administratifs, car isolées du contexte économique avancé par Romero et Kozhevar. Cependant, il a le mérite de proposer pour la première fois une radiographie complète des appareils de l'Etat et d'utiliser une méthode comparative.

En 1896, Prospère Gloner, financier allemand et membre du conseil d'administration de divers banques mexicaines [28], publie le travail le plus complet de l'époque sur les finances du Mexique [29]. Sur la base de documents officiels, Gloner brosse un tableau beaucoup plus large que celui de Kozhevar. L'auteur prend en effet en compte divers éléments que seul Romero avait abordés auparavant, parmi lesquels le problème de la conversion de la dette publique, les revenus de la Fédération, des états et des municipalités, l'agriculture, les mines, les banques et les chemins de fer.

Gloner reproduit, outre l'abondante information statistique, les discours du président Díaz et du ministre José Y. Limantour, afin d'éclairer le lecteur sur leur politique. Son objectif, comme le signale l'auteur lui-même, est proche de celui de Busto :

"L'intérêt, toujours croissant, que présente pour les capitaux étrangers ce pays d'avenir, qui pendant les trois dernières années de crise économique a donné des preuves d'une vitalité surprenante, nous a conduit à recueillir et à coordonner dans ce volume les éléments principaux pouvant intéresser les économistes, les financiers et les porteurs de Bons mexicains, pour servir de base à l'appréciation de la situation économique et financière du Mexique.[30]

Toutefois, à la différence de Busto, Gloner se propose d'"apprécier la situation économique et financière du Mexique" sans comparer deux systèmes d'administration de l'Etat. En fait, il dépasse le schéma juridique et administratif proposé par Busto et, à l'instar du conseiller anglais Kozhevar, il mêle à son exposé de multiples éléments économiques et, pour la première fois, aborde l'aspect géographique des finances (fédérales, des états et des municipalités) et de l'économie, notamment au niveau de l'agriculture, de l'industrie et des mines. Malgré ces nouveautés, l'auteur se perd en grandes descriptions qui isolent les divers éléments et l'empêchent de comprendre leur fonctionnement.

Face à ces travaux confiants en l'avenir du Mexique, les publications parues lors de la première décennie du XXème siècle présentent un bilan de la tâche accomplie, parfois sur un ton triomphaliste. Mentionnons d'abord les continuateurs des études particulières sur la banque [31], le système monétaire [32] et les chemins de fer [33], qui sont de véritables synthèses sur leur développement où se confirme l'idée d'un Mexique "moderne" [34]. Parallèlement, des auteurs ont également examiné les changements de législation dans divers domaines, notamment la fiscalité [35], le budget, le crédit [36] et la propriété des mines [37], publications qui ne dépassent pas le stade de raccourcis thématiques.

Après un quart de siècle de paix et de stabilité politique, les études générales sur les finances publiques cherchent à attester le bilan positif et le progrès du Mexique. Il s'agit ici d'offrir, à l'aide d'informations officielles de première main, une vision heureuse du processus économique et social du pays, fondé sur la stabilité politique et les années de paix sociale. Le tout premier de ce type de publications est México : 1877-1892 , brochure de Carlos Díaz Dufóo écrite pour l'exposition internationale de Chicago [38]. Le mérite du jeune journaliste - rédacteur en chef d'El siglo XIX - est d'inclure dans l'évolution de la hacienda pública la naissance des banques, d'examiner le rôle des finances publiques dans le progrès, de comparer avec d'autres pays d'Amérique latine et du monde, et surtout de poser le problème de la pression fiscale. Pour la première fois de la période, ce sujet est en effet posé, non seulement en termes absolus (recettes divisées par la population) ou sociaux (groupes qui acquittent les impôts), mais aussi en termes de justice fiscale : "Il est nécessaire [dit l'auteur] de prendre en compte l'importante question de salaires, afin d'estimer le véritable poids des recettes fiscales sur chaque habitant de la République[39]. Une problématique fondamentale pour comprendre les effets économiques et sociaux de la fiscalité que Díaz Dufóo n'approfondira pas et qui restera oubliée jusqu'à nos jours. Vers la fin du siècle, le député et fonctionnaire Luis G. Labastida reprend le thème, mais il le fait en termes d'équité fiscale entre les différents pouvoirs (municipalités, administrations des états et gouvernement fédéral) et l'Eglise - qui continuait encore à percevoir d'abondantes recettes par le biais de la dîme et des aumônes [40]. Pour Labastida, l'équité fiscale - sujet qui revient en force au début du siècle [41] - doit être politique (distribution des recettes entre les pouvoirs) et économique (éviter la fuite de revenus vers les mains mortes du clergé), autre problème de la fiscalité, et même du modèle fédéral, qui peut être posé à l'heure où l'essor économique du régime fait disparaître le déficit fiscal. Le triomphalisme du progrès, vérifié par l'accroissement des recettes est encore illustré par le livre de Rafaél Zayas Enriquez consacré à montrer les "progrès en vingt ans[42]. A l'instar de l'ouvrage de Díaz Dufóo, il est traduit en anglais et en français pour être présenté à l'Exposition universelle de Paris : les deux travaux véhiculent l'idée et la volonté d'un Mexique qui veut être compté parmi les "nations les plus civilisées de la terre". Relevons enfin, parmi ces ouvrages "volontaristes", celui -hagiographique - consacré à Limantour et rédigé en fin de règne par Díaz Dufóo. Celui-ci axe l'analyse de la période 1890-1910 sur l'action de José Y. Limantour au ministère des Finances et, s'il ne parvient pas à en faire la critique, il a au moins le mérite de nous transmettre le regard et l'ambition des élites liées au ministre des Finances [43].

Signalons encore deux autres livres représentatifs de cette période, deux ouvrages monumentaux, sortes d'encyclopédies, qui méritent un commentaire parce qu'ils marquent, encore aujourd'hui, les études portant sur le Mexique. Le premier, Le Mexique, son évolution sociale, paru entre 1900 et 1903, se propose de faire un "inventaire monumental qui résume les grands progrès de la nation au XIXème siècle". Il est devenu un classique de l'historiographie positiviste [44]. Dirigée par Justo Sierra, ministre de l'Instruction publique, cette oeuvre de trois volumes bénéficie des contributions des plus importantes personnalités appartenant aux élites savantes mexicaines [45]. Les auteurs font la synthèse de l'histoire politique du pays, de l'organisation administrative et militaire, et de l'état économique de la Fédération. Les chapitres consacrés aux finances publiques, rédigés par Pablo Macedo - financier, alter ego de Limantour et conseiller de la Banque Nationale du Mexique -, retracent l'histoire financière depuis l'antiquité mexicaine jusqu'à 1900 [46]. Insérant des éléments économiques et juridiques, Macedo parvient à conjuguer un agréable récit - ce qui est rare - avec une méthode positiviste de description et d'analyse qui lui permet de mettre en valeur la politique de Limantour, qualifié d'"architecte des finances modernes mexicaines". Cette appréciation, lancée à la fin du siècle dernier, sera reprise à profusion, jusqu'à nos jours, par l'historiographie mexicaniste.

Le second ouvrage monumental, Le Mexique au début du XXème siècle, publié en 1905, a été conçu par Sebastian de Mier, ministre plénipotentiaire du Mexique à Paris [47]. Ce dernier s'est entouré de seize auteurs français, connus dans le monde de la politique et des lettres, pour la plupart anciens ministres, membres de l'Académie française et de sociétés savantes, auxquels il "a confié le soin de rédiger des chapitres sur l'oeuvre administrative et économique réalisée au Mexique durant les trente dernières années[48]. S'appuyant sur des sources officielles, chaque auteur décrit la politique poursuivie par le gouvernement et prétend faire un bilan de la "bonne et prudente" administration [49].

La partie consacrée aux finances publiques est l'oeuvre de Paul Leroy-Beaulieu, prestigieux économiste libéral, membre du "groupe de Paris" et animateur de plusieurs revues, dont le célèbre Journal des économistes 50. Adepte "des sciences de la finance", l'auteur étudie tous les aspects financiers : le budget, les recettes, les dépenses, les fonds publics, le prix de l'argent et ses effets sur l'économie et le change, le système fiscal, l'équilibre des recettes et des dépenses (acquis dès 1896), et les charges de la dette et du budget.

Les comparaisons faites par Leroy-Beaulieu pour mesurer les rendements des finances sont novatrices dans l'historiographie mexicaine. Il prend en compte, par exemple, la cote des bons de la dette publique sur les marchés européens pour mesurer l'efficacité de l'administration ou la confiance accordée par les investisseurs au gouvernement. Il analyse également les effets de la baisse du prix de l'argent sur les services et le paiement de la dette et se demande si les charges de celle-ci et celles du budget "ne sont pas disproportionnées par rapport aux ressources du pays". Cette question clé, en partie posée par Casasús et la Commission monétaire [51], s'efface devant l'enthousiasme suscité par la gestion de Limantour. De même que Macedo et Díaz Dufóo, l'auteur se laisse éblouir par la "grande oeuvre de reconstruction des finances mexicaines entreprise par le ministre". Cependant, l'omniprésence de l'image du bon administrateur et de la modernisation acquise révèle aussi la réalité d'un régime pleinement consolidé.

La production de cette période s'achève sur quelques travaux parus pendant les premières années de la Révolution (1910-1914). Dans ces temps de bouleversements, le progrès économique et le système financier, que l'on avait tant vantés et admirés, ont été blessés par l'action armée. Après le coup d'Etat du 12 février 1913 (animé par les généraux Reyes, Huerta, le neveu de Díaz et les financiers liés à l'ancien régime), on se montre désireux de réparer les dégâts subis par le système financier. Aussi s'empresse-t-on de publier des travaux de défense. En mai 1913, à l'occasion de l'Exposition de San Francisco, Huerta fait rédiger un abrégé d'histoire des finances mexicaines, afin de rassurer les investisseurs étrangers et retrouver la confiance des nouvelles autorités nord-américaines [52]. C'est un bilan global et technique des acquis financiers du porfiriat. Il est centré sur les chemins de fer, la dette publique, la réforme monétaire de 1905, l'équilibre budgétaire et les banques. Outre la mise en valeur des impôts du Timbre, cet ouvrage n'apporte rien de nouveau, si ce n'est l'expression d'un sentiment de fierté quant à la "nationalisation" des chemins de fer et aux opérations financières - emprunts et placements d'actions - qui permirent la création des Ferrocarriles Nacionales, des éléments déjà anciens destinés à faire vibrer la corde patriotique.

Les investisseurs qui ont parié sur le système politique et financier mexicain, en participant aux opérations du gouvernement Díaz, essaient, en effet, de sauver les meubles avec Huerta. Le livre de A. Caille, La Question mexicaine et les intérêts français, est à cet égard éloquent, de même que le cri d'alarme lancé par Bromberger à propos de la chute des bons des chemins de fer mexicains à la Bourse de Paris [53]. Davantage qu'apporter de nouvelles informations, ces travaux permettent de repenser les problèmes financiers à partir des rapports complexes entre le système financier, les intérêts économiques nationaux et étrangers, et les pouvoirs politiques, rapports qui ont été bouleversés par la Révolution et la première guerre mondiale.

Pour résumer, on peut dire que, durant la période 1867-1914, les tendances des études sur les finances publiques de conception artisanale, mais globale, se sont effacées devant une lecture plus technique, voire "scientifique" ou "positiviste". Elles intègrent les facteurs administratifs (appareils de l'Etat), économiques (agriculture, industrie, commerce, mines) et financiers (banques, crédit, monnaie et marchés des capitaux), et posent aussi des problèmes, tels que l'équité et la justice fiscale qui resteront oubliées. La santé des finances publiques, acquise dès 1896, a servi de démonstration de la modernisation, du progrès du pays et de la réussite du gouvernement, dont Limantour est invariablement décrit comme le maître d'oeuvre. Mais la Révolution, qui suit les difficultés du système financier (dévaluation de 1905 et crise financière et politique de 1907-1909), dévoile les failles profondes du système (croissance sans développement) et montre les limites du modèle des Cientificos : chacun a défendu ses intérêts et ce tableau idyllique fut définitivement brisé. Qu'en est-il alors de cet héritage dans les études contemporaines ?

De la Révolution à la modernité (1920-1992)

Les études contemporaines sur l'histoire du porfiriat et la fiscalité sont marquées d'abord par le choc de la Révolution de 1910-1917, puis par un souci de modernisation du pays. L'idéologie de la Révolution, non seulement a assombri dans la mémoire collective la vision positive et triomphante de la période précédente, mais elle a également recréé une vision de l'histoire. Le porfiriat est alors perçu comme une période dominée par une dictature répressive qui a maintenu les privilèges des étrangers et des riches face au peuple dépossédé. Les révolutionaires voulaient tout changer, même le passé contre un avenir meilleur : il fallait repenser les institutions, les adapter aux nouvelles exigences de la société. Et dans ce renouveau, on a noirci les acquis du régime, une vision du porfiriat qui influença - aujourd'hui encore - les élites, les serviteurs de l'Etat et les intellectuels. A l'opposé, une autre vision, qui s'ajoute à celle-ci, propose un bilan plutôt négatif des acquis des régimes issus de la Révolution et tente de revaloriser, voire de revendiquer la modernité porfiriste. Cette optique - liée à une certaine volonté de moderniser le pays - a également fini par créer une version de l'histoire, diffuse pendant les années 1950 et dominante depuis la fin des années 1980 [54].

Dans ce climat, deux vecteurs politico-institutionnels ont encouragé la recherche sur les finances du porfiriat : d'une part, les réformes financières et administratives entreprises par les divers gouvernements - en premier lieu, ceux d'Obregón à Cárdenas (1920-1940), puis ceux de López Portillo à Salinas de Gortari (1976-1992) - et, d'autre part, la création et le développement des institutions académiques spécialisées dans les études historiques [55]. Quatre vagues de recherches historiques, qui touchent différents aspects des finances publiques de notre période, se sont succédées depuis les années quarante.

La première d'entre elles est le fruit d'hommes liés au ministère des Finances, chargés de veiller sur la mémoire de l'institution. Durant les années 1940 et 1950, mus par un souci de reconstruction, ils créèrent les meilleurs instruments de recherche sur les finances. Si la liste en est longue, mentionnons toutefois Les Budgets mexicains depuis l'époque coloniale, de Gustavo F. Aguilar [56], la Bibliographie et le Guide des Archives historiques du ministère des Finances 57, ainsi que les recueils de législations sur la fiscalité, sur les finances [58] et sur le système monétaire [59]. On commença, enfin, la diffusion d'extraits des rapports présidentiels relatifs aux problèmes financiers [60]. En 1958, Manuel Yañez Ruiz a contribué, d'un point de vue juridique, à ces travaux en publiant trois volumes intitulés Le problème fiscal. Ce livre constitue le recueil de lois financières le plus complet que l'on connaisse [61]. De plus, il avance quelques lignes d'interprétation novatrices sur l'évolution des recettes de l'Etat dans la longue durée.

Dans les années 1970, Carlos J. Sierra et Rogelio Martínez Vera couronnèrent l'oeuvre de ces gardiens de la mémoire institutionnelle. Ils éditèrent ainsi une très complète Bibliografía de la Hacienda Pública 62 et plusieurs monographies approfondies sur différents aspects, notamment sur l'histoire de l'administration ministérielle [63], la Trésorerie générale de la Fédération [64], les lois et la police douanières [65] et l'impôt du Timbre [66]. Ces traités apportent des informations de première main mais n'ont aucune prétention analytique.

En revanche, divers spécialistes, encouragés par les réformes de l'Etat, dépassèrent le stade de la pure description et allèrent au-delà des récits de Busto ou de Macedo [67]. Ils publièrent, outre des recueils de sources [68], des travaux théoriques [69], ainsi que des essais historiques sur l'administration publique touchant le XIXème siècle [70]. Ces auteurs voient dans l'administration publique (et dans ses techniques) l'instrument par lequel le gouvernement exerce le pouvoir dans une société divisée en groupes d'intérêts [71] ; un regard novateur, en étroite concordance avec un Mexique dirigé, durant ces années, par un "Etat-providence" héritier de la Révolution.

Mis à part les serviteurs de l'Etat, on dénombre trois "écoles" d'historiens depuis les années quarante. Ayant pris une certaine distance vis-à-vis des idéaux de la Révolution mexicaine, ces dernières entreprirent une révision historique du porfiriat. Parallèlement à ces écoles, et parfois en liaison avec elles, plusieurs monographies sur les finances ont également vu le jour.

La première de ces écoles est liée à l'immigration de républicains espagnols, fondateurs de la maison d'édition Fondo de Cultura Económica et de la Maison d'Espagne. Dès 1940, Armando Servín exprime l'euphorie des jeunes économistes dans un article intitulé "Notre politique tributaire" où il mêle étude économique et périodicité historique [72]. Pour la première fois, se fondant sur la logique interne de la fiscalité, Servín marque les périodes d'évolution de l'imposition et évalue sommairement, mais pour la première fois aussi, l'oeuvre fiscale de Matías Romero, en replaçant celle de Limantour dans sa dimension financière [73]. Cette tentative reste toutefois isolée.

A la fin des années quarante, la figure de Daniel Cosio Villegas illumine le paysage historique mexicain. Auteur d'un ouvrage sur les tarifs douaniers du XIXème siècle [74], il devint l'animateur de l'école des historiens qui fit la gloire d'El Colegio de México. A l'instar de Justo Sierra ou de Sebastian de Mier, Cosío Villegas se propose d'écrire une histoire monumentale du Mexique. Mais à la différence de ses prédécesseurs, il dirige une équipe de chercheurs qui, de 1950 à 1965, produit le travail le plus complet sur la République restaurée et Le Porfiriat 75.

Cette oeuvre, entreprise dans un séminaire d'histoire, est l'occasion d'une vaste recherche bibliographique [76], de la récolte et de la publication des sources statistiques [77], et de deux études générales sur les finances publiques. La première - La vie économique de la République restaurée, parue en 1955 - est rédigée par Francisco R. Calderón. Basé sur une abondante information économique, politique et sociale, ce livre présente la plus importante recherche sur les finances publiques de la période 1867 à 1876 [78]. Pour la première fois, l'analyse des finances mêle ici politique gouvernementale (de Juárez, 1867-1872, et de Lerdo, 1872-1876) et intérêts des partis et des entrepreneurs privés. Il décrit également les grandes lignes de la réforme tracées par Matías Romero. La méthode de Calderón se révéla novatrice, en dépit de la période -choisie sur des critères politiques (restauration de la République) - qui interrompt la réflexion en empêchant de suivre le cours des réformes, tout au long du porfiriat, et d'évaluer leur aboutissement. Cette analyse globale n'a pas été suivie par le volume suivant consacré à la vie économique du porfiriat, également dirigé par Cosío Villegas. L'unité thématique avancée par Calderón est éclatée en plusieurs articles disjoints : chemins de fer, investissements, monnaie et banques, commerce extérieur, etc. [79]. L'essai sur la Hacienda Pública, que l'on doit à Gloria Peralta Zamora, est ainsi de faible envergure et se contente de reproduire le regard administratif cher à Emiliano Busto [80].

Signalons également les travaux de Jean Bazant, collaborateur au Colegio de México, sur l'histoire de la dette extérieure de 1823 à 1946 [81]. Son livre - un météore solitaire dans le paysage de la recherche - retrace la genèse du crédit public, des emprunts et des conversions de la dette et souligne les difficultés budgétaires qui sont à leur origine. L'étendue de la période interdit à l'auteur d'approfondir les enjeux du crédit - intérêts des banquiers et gages offerts par le gouvernement - et d'appréhender les liens unissant le monde des créanciers et celui de l'Etat.

La deuxième vague de recherches est le fruit d'un ensemble d'historiens réunis, pendant les années 1970, autour de la Direction d'Etudes Historiques de l'INAH (Institut National d'Anthropologie et d'Histoire) [82]. Ceux-ci publient plusieurs travaux de recherche, dont une excellente bibliographie concernant l'évolution économique du Mexique [83], des recueils statistiques [84] et des études historiques sur le XIXème siècle [85]. En 1971, l'historien Enrique Florescano, animateur du groupe, fait circuler une bibliographie des Rapports des Finances qui recouvre la période 1821-1934 [86]. Plus tard, il présente encore une analyse des études historiques consacrées à l'histoire économique du XIXème siècle [87]. Enfin, en 1977, Salvador Velázquez fait paraître un article sur le budget des recettes et dépenses de l'Etat, dans lequel il marque le rythme de leurs tendances [88] et qui constitue la base du chapitre consacré à l'Etat dans le livre collectif Le Mexique au XIXème siècle 89. Ce groupe a sans aucun doute renouvelé le regard économique et social porté sur le XIXème siècle.

Entre 1978 et 1984, dans la même lignée des travaux précédents, un groupe de jeunes étudiants de la Facultad de Ciencias Políticas de l'Université nationale (UNAM) a contribué à la recherche des XIXème et XXème siècles. Entre autres, ils ont réalisé des travaux universitaires concernant l'historiographie économique [90], une chronologie des faits monétaires, créditeurs et bancaires (1536-1976) [91], ainsi qu'une série de monographies sur l'industrie textile [92], le commerce extérieur [93], la démographie [94] et les impôts fédéraux [95]. Cette dernière, dont je suis l'auteur, est la première monographie qui retrace - à partir des sources officielles - l'origine, la structure et les tendances - quantitatives et juridiques - des impôts, entre 1867 et 1913. Elle propose également une synthèse des arguments des ministres des Finances sur leur politique fiscale. En 1983, avec l'article Crisis fiscal y reforma hacendaria, j'ai parachevé cette monographie et souligné l'importance de la crise fiscale dans la consolidation de l'Etat et ses rapports avec l'intégration du marché intérieur.

La mise en valeur de la réforme fiscale entreprise par Matías Romero [96], m'a conduit à la conclusion suivante : "les recettes des impôts du Timbre, nouveauté fiscale de la période, ont permis de surmonter la crise fiscale et ont contribué à la consolidation du régime[97]. Une nouvelle problématique de la fiscalité du porfiriat avait certes été mise en exergue, mais la démonstration demeurait très embryonnaire. Elle fut élargie partiellement, en 1984 et 1985, par deux essais sur le rôle du crédit public et des dépenses dans la réforme fiscale. Dans le premier essai, j'ai mis en évidence l'importance de la renégociation de la dette - mesure chère à Juárez - dans l'équilibre budgétaire, ainsi que la part des recettes fiscales qui lui fut allouée [98]. Tandis que dans le deuxième, j'ai proposé quelques hypothèses sur la rationalité du budget, l'utilisation des recettes fiscales, et le projet de politique économique sous-jacente. Mais ces essais n'examinent pas encore les intérêts des partenaires économiques qui participent à la modernité [99]. Toutefois, les travaux entrepris à l'INAH et à l'UNAM mettent en général l'accent sur la participation du gouvernement au développement économique - par les voies monétaire, créditrice, fiscale ou budgétaire -, un regard qui révèle une fonction de l'Etat - maintien des profits - jusqu'alors peu explorée par les historiens, et retrace ainsi les origines de l'interventionnisme étatique. Point de vue noyé cependant dans les faits économiques et qui, du fait du manque du politique, coïncide avec celui des gardiens de la mémoire institutionnelle, les serviteurs de l'Etat.

Durant les années 1970 et 1980, parallèlement aux écoles précédentes, plusieurs monographies de chercheurs (mexicains ou non) font évoluer, par les questions qu'elles posent, la réflexion sur les finances publiques. Les plus nombreuses sont consacrées au système monétaire et s'intéressent surtout aux effets économiques de la baisse continuelle du prix de l'argent, à partir de 1873, qui marqua toute la période [100]. E. Canudas insiste, dans son étude, sur l'accroissement de la productivité du métal qui compensa la baisse de prix et encouragea tant les exportations que la croissance. La dévaluation de 1905 devient alors un frein à l'économie et le prélude de la Révolution [101]. Pour sa part, Elia Ramírez Bautista retrace la controverse monétaire et la pensée économique inspirant la politique du gouvernement [102]. Enfin, Moises Rosas Silva, s'attache à la démonétisation internationale du métal blanc et à son influence sur la réforme de 1905 [103]. Ces monographies, auxquelles il faut joindre l'excellente étude de Ricardo Torres Gaitán sur les dévaluations du peso mexicain [104], dépassent de loin les travaux de Casasús ou de la Commission monétaire, et fournissent des éléments de réponse à la question posée par Leroy-Beaulieu quant aux rapports entre la balance des paiements, la politique fiscale et la richesse du pays.

La crise de l'argent toucha également le système bancaire et les investissements étrangers [105]. Quelques monographies ont ainsi été consacrées à ces sujets, en particulier à la Banque Nationale du Mexique et à celle de Londres y México, dans lesquelles l'accent est mis sur l'origine de leurs capitaux (français et anglais) et leurs privilèges (émission de billets) [106]. Ces questions avaient d'ailleurs déjà été soulevées par les intellectuels de l'époque.

Enfin, dépenses, travaux publics, chemins de fer [107], impôts et législation sur la propriété sont autant de thèmes donnant lieu à diverses monographies. Le livre de J. Coatsworth mérite qu'on s'y arrête. Ce dernier s'interroge sur les effets de la construction des chemins de fer sur l'économie porfiriste, l'importance des compagnies ferroviaires étrangères et la politique de Díaz. Certes, le gouvernement accorde des subventions aux chemins de fer dont le développement anime l'économie et le commerce, mais on ne se soucie guère de l'origine des moyens financiers ainsi dispensés -problème de fiscalité - et pas davantage des liens entre les compagnies constructeures et l'Etat. L'ouvrage de J. Wilkie, consacré à l'analyse des dépenses, pose - mais à l'envers - le même type de problème [108]. Celui-ci tente de savoir si l'idéologie révolutionnaire a déterminé ou non la structure des investissements publics, mais économie publique et idéologie révolutionnaire sont ici vidées de substance politique (rapports d'intérêts) et de pensée économique. On retrouve ces faiblesses dans un article de M. Carmagnani traitant des impôts intérieurs [109]. Malgré des données solides, l'auteur ne voit pas la nouveauté fiscale de la période (l'impôt du Timbre) - signalée par Gloner, Servín et C.J. Sierra - car il privilégie la discussion sur le caractère libéral ou conservateur de l'Etat porfiriste. Il existe, en revanche, des travaux sur d'autres originalités du porfiriat - qui permettent justement de caractériser l'Etat -, tels l'établissement du régime fédéral de la propriété ou la vente de biens de l'Eglise. Jan de Vos a écrit à ce propos un article sur la législation et la vente des terrains vagues -qui a rapporté de gros bénéfices au Trésor -, fondement du marché foncier et de la consolidation du régime des grands domaines [110]. Il ne traite malheureusement pas de l'alliance du gouvernement avec les propriétaires fonciers et de l'intérêt fiscal et politique de l'Etat, au contraire des excellentes recherches sur la vente des biens de l'Eglise de J. Bazant, pour la période 1856-1875 (qui reproduit de plus la liste des acheteurs [111]), et de R.J. Knowlton pour 1857-1910, en particulier les recettes des ventes [112].

Les monographies précédentes délaissent les rapports entre groupes sociaux et Etat, ainsi que la pensée qui inspire - ou justifie - la politique financière du gouvernement. Avec L'Histoire et la pensée économique du Mexique, López Rosado dépasse le travail pionnier de Jesús Silva Herzog [113] et comble en partie ce vide [114]. L'un des six volumes de ce traité est consacré aux finances publiques depuis leur origine (impôts, dépense, dette), d'autres aux travaux publics et aux communications. Or, si l'auteur ne prétend pas examiner l'évolution de la pensée, ou sa traduction dans la politique, l'ensemble demeure néanmoins un très bon et très utile manuel des idées, enrichi de données statistiques et de cartes [115].

Avec la nationalisation de la banque et la crise financière de 1982, une troisième "pléiade d'études" - cette fois d'histoire économique - se met en place, d'abord autour du séminaire d'histoire des finances animé par Carlos Marichal et Leonor Ludlow [116], puis autour des études régionales animées par Mario Cerutti [117] et, enfin, autour des colloques d'Historia regional comparada organisés par l'Université de Ciudad Juárez, dans le Chihuahua [118]. Les premiers ont publié plusieurs travaux sur la banque [119], le crédit et la dette publique [120], ainsi qu'un Bulletin des sources d'histoire économique 121. Les institutions de crédit, les emprunts extérieurs, le marché boursier, les groupes financiers --nationaux et régionaux-- ainsi que les rapports entre banques et finances publiques constituent leur domaine de prédilection [122]. Les seconds privilégient les études sur l'économie régionale et étudient parfois les liens fiscaux entre les élites et le pouvoir régional [123]. Ces mises au point actualisent les connaissances, ouvrent des voies inédites dans la recherche, surtout dans le domaine des finances privées, et montrent qu'il faut s'engager davantage dans l'étude des rapports économiques et politiques entre les secteurs privé et public, au niveau local, national et international [124]. Elles révèlent en même temps une importante lacune dans les analyses des rapports entre fiscalité fédérale et régionale, mis en valeur en 1984 par le livre de F.-X. Guerra qui souligne le rôle des impôts dans les déséquilibres sociaux du porfiriat (Le Mexique de l'Ancien régime...) et repose les questions, sans le vouloir et sans y répondre, d'équité et de justice fiscale, en ce qui concerne tant les habitants que les pouvoirs régionaux [125], aspects indispensables pour mieux comprendre les rapports entre pouvoir central et régional, et pour identifier les contribuables qui supportent le coût d'un Etat fédéral [126].

Pour finir, mentionnons quelques essais qui portent sur les investissements étrangers et la politique gouvernementale, et posent le problème de la stratégie du régime concernant les relations financières internationales (concessions, exonérations) dans un monde assiégé par la concurrence impérialiste. Si les capitaux des Etats-Unis ont été majoritaires dans l'industrie minière et les chemins de fer, comme l'a montré J.L. Ceceña [127], l'Angleterre et surtout la France furent, en revanche, davantage présentes dans les travaux publics, la banque et la dette. Alma L. Parra étudie le cas des investissements de l'Anglais W. Pearson (concessionnaire de travaux publics, administrateurs du chemin de fer de Tehuantepéc et exploitant de pétrole) dans l'industrie électrique [128]. Un autre article, de Cathryn Thorup, se penche sur la concurrence britannique et nord-américaine pour la conquête du marché mexicain, notamment dans les travaux publics, mais laisse de côté les capitaux français et allemands [129]. Toutefois, d'autres études universitaires révèlent l'importance des intérêts français au Mexique, que Limantour utilise pour faire "contrepoids à l'expansion des entreprises nord-américaines[130]. Les investisseurs français étaient étroitement liés aux finances publiques, un lien gravement menacé par la Révolution. Ce problème est abordé dans la courte durée par J. Collet-Sassere qui centre sa thèse sur le gouvernement Huerta [131]. Les finances publiques - qui ne constituent pas le principal objet de son travail - sont abordées avec le même oeil que Calderón, et autorisent l'auteur à montrer l'influence de la concurrence financière dans la désarticulation des intérêts, en particulier étrangers, soudés autour du système fiscal porfiriste, phénomène - qui joue son rôle dans la Révolution - appelé par F. Katz "La guerra secreta en México" 132 et qui est un champ de recherche fertile mais non encore exploité.

La fiscalité : une fenêtre pour regarder la société

Le voyage dans l'historiographie de la fiscalité du porfiriat a montré les différents usages que l'on peut faire de la production intellectuelle. Replacée dans son temps et dans l'ensemble de la problématique, la littérature que l'on vient d'évoquer devient une empreinte du passé à double sens : elle est source (étude de la fiscalité) et trace (de la réflexion sur un aspect de la vie économique et politique de l'Etat) tout à la fois.

Entre 1867 et 1911, la réflexion sur la fiscalité a incontestablement évolué, une réflexion marquée durant les années 1870-1880 par les enjeux du moment. Les MH, les CT ou le Diario de los debates témoignent d'une préoccupation : la réorganisation d'une administration publique efficace, capable d'instaurer la République. A ces empreintes, il ne faut pas oublier les travaux réalisés sur commande, c'est-à-dire les études portant sur les problèmes urgents que posent une mauvaise conjoncture. Quelques auteurs, nous l'avons souligné, cherchent dans le passé les origines des difficultés ou des justifications à leur argumentation. Ces écrits laissent percevoir une certaine conception de l'économie et de la société qui se fonde --en particulier chez Matías Romero-- sur l'apprentissage d'un demi-siècle d'indépendance, sur une longue expérience et sur l'observation des Etats-Unis.

Les publications des années 1880 et 1890 apportent de nouveaux éléments à la problématique fiscale (banques, crédit, monnaie) et une vision très large de la politique économique (influencée par les effets de la baisse du prix de l'argent, principal produit d'exportation) qui cherche à accroître la productivité (en réduisant les coûts de production et les frais de transport, via les chemins de fer) et les moyens financiers (bancaires et créditeurs). Il s'agit ici d'une rationalisation des instruments fiscaux de l'Etat afin de conduire le pays vers le progrès. La fiscalité ne se fonde pas seulement sur l'expérience du passé, ou sur l'observation d'autres réalités, mais aussi sur l'analyse du fonctionnement de la société mexicaine, sur une analyse "scientifique" des tendances qui freinent ou accélèrent le progrès : une conception "positiviste" de l'histoire, basée sur une idée de société future, chère aux élites (les brochures de Díaz Dufóo ou de Zayas Enriquez sont à ce titre exemplaires).

Cette vision de futur s'applique également au passé. Les travaux du début du XXème siècle revisitent en effet l'histoire avec cette conception fondée sur la modernité (uniquement attribuée à la paix et à la main ferme de Díaz - sans oublier la bonne administration de Limantour -, mais acquise pendant la "Belle époque") : un regard qui est partagé par les intellectuels français et par une certaine communauté internationale, amie du Mexique. Ainsi, à la veille de la Révolution, les études sur la fiscalité, et sur la société en général, dégagent une volonté confiante et triomphaliste -celle des Científicos- qui veut élever le pays au rang des "nations les plus civilisées de la terre", une volonté qui devient hégémonique dans l'interprétation de l'évolution sociale du peuple mexicain, qui nourrit une idéologie justifiant le maintien de la dictature et qui cache le feu qui incendie la forêt.

Les études contemporaines sur la fiscalité, moins nombreuses, nous l'avons dit, que celles de l'époque porfiriste, ont la particularité d'être fragmentaires. Elles portent généralement sur des aspects précis de la fiscalité (taxes, administration, dette, dépenses, investissements) et laissent de côté, ou négligent, les composantes sociales, politiques et culturelles. Cela s'explique en partie par le fait qu'il s'agit d'un sujet peu abordé par les chercheurs (vraisemblablement effrayés par l'aridité de la question), par lesquels la multiplication de monographies est indispensable pour l'élaboration d'une réflexion plus globale. Cette situation est aussi due au fait que la fiscalité a été cultivée par des spécialistes de l'administration publique, de l'économie, de la jurisprudence ou des finances, dont le regard, influencé par les réformes de l'Etat et les crises économiques, s'est imposé au sujet, sauf, dans les cas - rares, mais qui prouvent le contraire - où la fiscalité a été replacée dans l'histoire (F. Calderón). En réalité, c'est après la crise financière de 1982 que les historiens, et les chercheurs en général, se sont davantage préoccupés d'inclure la fiscalité dans leurs recherches et ont ainsi contribué à défricher ce champ vierge. Les années 1990 portent la promesse d'une rencontre entre les analyses monographiques de caractère national - qui faciliteront les synthèses - et les recherches régionales et municipales. C'est dans ces deux voies que se trouve l'avenir de la réflexion sur la fiscalité et l'élargissement de ses problématiques. C'est avec cette démarche comparative, nous l'espérons, que la fiscalité pourra s'enrichir, échapper aux limites étroites de l'économie, des finances ou de l'administration et, replacée dans l'histoire, en utilisant les apports et les méthodes de ces disciplines, pourra devenir une fenêtre permettant de regarder la société.


Notes

[1] Citons quelques travaux importants réalisés durant ces deux décennies, tels que ceux de John Fisher (dette de l'Amérique hispanique), de Herbert Klein et John J. TePaske (Nouvelle Espagne et Pérou), de Maria Barbara Lévy (Brésil), de Roberto Cortés Conde (Argentine), d'Alfonso Quiroz et de Pablo F. Luna (Pérou), de Susana Berglund et de Nikita Harwich (Venezuela), de Carlos Marichal et de Barbara Tenenbaum (dette publique en Amérique latine et Mexique), de Birgit Sbonesson (Porto Rico), de Marcos J. Mamalakis et Eduardo Cavieres (Chili), de Juan Carlos Garavaglia et Juan Carlos Grosso (Nouvelle Espagne), ou de David Mc Creery (Guatemala).

[2] Voir J. Pérez Siller, Fiscalité, économie et pouvoir au Mexique (1867-1911). Instauration, consolidation et chute d'un régime, thèse de doctorat, Université de Paris-I, 1994, 725p.

[3] Le tableau des archives mexicaines n'est guère encourageant. S'il existe un guide -publié en 1940- des archives du ministère des Finances, la documentation a été transférée à l'AGN en 1980. Depuis, l'AGN travaille à la réalisation d'un catalogue. En 1987, nous avons collaboré au classement de documents dans le fonds Hacienda Pública de l'AGN, lors duquel nous avons établi une vaste chronologie de la législation concernant les appareils du ministère des Finances (sept volumes concervés par la direction des Archives Historiques de l'AGN, Materiales para el estudio de la Hacienda Pública, 1987). Dans le même temps, nous avons consulté une riche collection de libelles et de brochures, ainsi que des rapports et des lois publiés par le gouvernement. On trouvera une description très générale de ce fonds dans l'article de Carlos Rodríguez Venegas, "El fondo Hacienda Pública del Archivo General de la Nación", in Boletín de Fuentes para la Historia económica de México, ndeg. 4, mayo-agosto, 1991, El Colegio de México, pp.35-40.

[4] Voir l'article 89 de la Constitution de 1857.

[5] Sur la nature des rapports présidentiels, voir la thèse d'Elsa Carrillo, Les rapports présidentiels au Mexique : 1877-1976. Rupture ou continuité, Université Paris-I, 1992.

[6] Leur richesse descriptive, leur homogénéité et leur périodicité sont sans conteste instructives (ils furent publiés chaque année pendant la période 1867-1913, sauf pour les années 1875-1876, 1881-1882, 1890-1891 et 1912-1913). Les MH sont, cependant, au niveau des données quantitatives, légèrement entachés d'erreurs car présentés au Congrès de l'Union trois mois avant la fin de l'année fiscale. Ainsi, d'une année à l'autre, les corrections des ministres sont abondantes.

[7] L'élaboration des CT se basait sur la comptabilité de la Trésorerie. A la fin de l'année fiscale (31 mai), chaque bureau de l'administration de l'État envoyait toute l'information à la Trésorerie chargée de présenter les comptes à la fin de l'année (décembre). C'est pourquoi la validité des données quantitatives contenues dans les CT est supérieure à celle des MH.

[8] Grâce à la loi du 30 mai 1881, qui, outre la réorganisation des finances, a créé une section pour liquider les comptes de 1869-1870 à 1879-1880, un document rassemble les données quantitatives de cette époque. On obtient ainsi des séries statistiques qui recouvrent les années de 1869-1870 à 1912-1913. Quant aux données concernant les deux premières années de la période (1867-1868 et 1868-1869), elles doivent être extraites des MH correspondants. Enfin, pour l'année 1913-1914, la Loi d'impôts et de budget présentée par le gouvernement Huerta est indispensable.

[9] Lors de la première séance des travaux parlementaires, la Chambre doit élire plusieurs députés aux différentes commissions permanentes, dont celles du budget, des finances, de la dette publique...

[10] Pour les documents des archives du ministère de l'Économie et des Finances, voir J. Pérez Siller, "Finanzas públicas y banca mexicana en el Archivo del Ministerio de Finanzas y Economía de Francia", in Boletin de Fuentes para la Historia de México, ndeg.4, México, El Colegio de México, 1991.

[11] Voir J. Pérez Siller, "Les relations financières franco-mexicaines (1864-1917). Inventaire raisonné des documents mexicains conservés aux Archives du ministère de l'Économie et du Budget", à paraître (octobre 1995), in Etudes et Documents VII, revue du Comité pour l'Histoire Économique de la France.

[12] Sur notre échantillon de 1 474 livres concernant le porfiriat et publiés entre 1877 et 1975, 96,4 % ont paru entre 1876 et 1910, contre 6,5 % entre 1910 et 1975. Voir M. Barrientos Lavín, Bibliografía económica del porfiriato, México, Secretaría del Trabajo y Previsión Social, 1988, p.252.

[13] Barrientos Lavín écrit : "les oeuvres générales (51 %) et les finances publiques (28 %) recouvrent les quatre cinquièmes des publications". Sur l'ensemble des titres, ceux relatifs aux finances publiques se répartissent comme suit : gouvernement et administration (21 %), Trésor public (16 %), économie et investissements étrangers (12 %), statistiques, géographie et histoire (8,5 %), institutions de crédit (5 %), soit 62,5 %. Voir Ibid., p.235.

[14] Ainsi les études de V. Ortigoza, Cuatro memorias sobre puntos de administración, México, Imprenta de Ignacio A. Cumplido,1866, de L. Elizaga, La cuestión de hacienda, México Tipografía de J. Abadiano,1867, de J.A. Zambrano, Apuntes para formar un plan de Hacienda..., México, Imprenta de A. Cumplido, 1868, et les rapports de M. Payno et de E. Busto, Impuestos federales de la República Mexicana, Colección de las leyes..., 1877-1878.

[15] Pour le professeur Cossa, auteur du manuel d'administration publique le plus lu dans le monde au XIXème siècle, "La Science des finances est la théorie du patrimoine public. Elle enseigne les meilleures règles pour le constituer, l'administrer et en faire emploi". Voir L. Cossa, Premiers éléments de la Science des finances, (7e edition), Paris V. Girard et E. Brière, 1899, p.12.

[16] Voir, par exemple, T. Mendoza, El avenir de México a través sus cuestiones financieras, México, Impr. de Francisco Díaz de León, 1879.

[17] A ce propos, voir Guillermo Prieto, Dictamen de la comisión sobre la reforma del arancel..., reproduction du fac-similé de1868, 1976.

[18] Les textes historiques de Payno sont les suivants : Memoria sobre el ferrocarril de México a Veracruz, México, Impr. de Navor Chávez, 1868, et Cuentas, gastos y acreedores y otros asuntos del tiempo de la Intervención Francesa y el Imperio (1861-1867), fac-similé de 1868, México, Porrúa, 1981.

[19] José Maria Iglesias est un compagnon de route du président Juárez, dont il a été ministre des Finances (Matías Romero lui succéda à ce poste). La marque d'Iglesias est visible dans les premiers Memorias de Hacienda.

[20] Voir MH de 1870.

[21] Les rapports entre les banques et les finances publiques constituèrent le problème central de la période. La Banque Nationale du Mexique reçut des privilèges d'émission en échange de prêts à l'Etat. Les autres banques lançèrent une polémique sur ces privilèges. Pour la défense de la BNM, voir les travaux de P. Macedo et I. Sánchez Gavito, La cuestión de los bancos por los lics.... abogados del Banco Nacional de México, México, Impr. De Díaz de León, 1885-1890, 2vol. . Pour les autres banques, voir les articles de R. Dondé et du celèbre licencié J. Casasús La cuestión de los bancos a la luz de la economía política y del derecho constitucional, Impr. de Díaz de León, 1885.

[22] Retrouver le crédit extérieur fut une préoccupation primordiale. Voir le recueil d'articles préparé par F. Bulnes, La deuda inglesa..., México, Impr. de Ignacio Cumplido, 1885, le livre de J.D. Casasús, Historia de la deuda contraída en Londres, México, Impr. del Gobierno en Palacio, 1885, et celui de M. Ortiz de Montellanos, Apuntes para la liquidación de la Deuda Contraída en Londres, México, Impr. del Gobierno en Palacio, 1886.

[23] Après la parution de México necesita atraer el capital extranjero para construir sus ferrocarriles de W. Rosencranz, en 1872, et suite aux continuelles discussions dans la presse, le ministère des Travaux publics fit publier un Album de los ferrocarriles..., México, Tip. de la Secretaría de Fomento, 1891-1892, qui en retrace l'histoire jusqu'en 1889.

[24] Le plus prolixe est sans doute J. D. Casasús, représentant du gouvernement mexicain à la Conférence monétaire de Bruxelles. Voir de lui La question monétaire au Mexique, Paris, Impr. de Chaix, 1892 et Le problème monétaire et la conférence monétaire internationale de Bruxelles, Paris, Impr. de Chaix, 1893.

[25] Le rapport a été commandé par le Syndicat des banquiers qui contrôlait la plus grande partie des titres mexicains, au moment où se négociait la dette dite "anglaise". En 1886, le gouvernement mexicain demanda à J.D. Casasús de le traduire de l'anglais. Voir E. Kozhevar, Informe sobre la República mexicana..., México, Oficina Tipográfica de la Secretaría de Fomento, 1887.

[26] Voir E. Busto, L'administration publique au Mexique. Etude comparative et succinte entre le système administratif des finances de France et du Mexique..., Paris, Impr. administrative de Paul Dupont, 1889 (réédition, Secretaría de la Presidencia, 1976).

[27] "L'ensemble de ce travail fera connaître --écrit Busto-- notre organisation politique et sociale dans ses divers services, et montrera ce qui peut intéresser l'immigrant, le capitaliste et le travailleur. Il leur permettra de juger des droits dont ils peuvent jouir dans notre pays, des franchises et des garanties que les lois leur accordent". Voir Ibid., p.1.

[28] Aujourd'hui, nous savons que Prospère Gloner fut le représentant de Bleichroèder --le banquier de Bismarck-- et qu'à ce titre il participa aux conseils d'administration de la Banque de Londres et Mexico.

[29] Voir P. Gloner, Les Finances des Etats-Unis mexicains d'après les documents officiels, Berlin, Puttkammer & Muhlbrecht, 1896.

[30] Ibid., p.1.

[31] Nous avons repéré trois publications sur les institutions bancaires, dont deux écrites par des étrangers (ce qui montre l'intérêt de leur pays pour les finances mexicaines) : J. Favre, Les banques au Mexique, Paris, M. Rivière,1907, et Ch. Conant, The banking System of Mexico, Washington, Gouvernement Printing Office, 1910. Voir, enfin, le livre de Casasús, Les institutions de crédit, México, Secretaría de Fomento, 1900 (traduit en français en 1900).

[32] La baisse - constante durant la période - du prix de l'argent influença les systèmes monétaires des pays utilisant l'étalon argent, comme le Mexique ou l'Union latine. Elle inspira plusieurs articles dans la presse ainsi que diverses études, notamment du gouvernement mexicain. La dévaluation de la monnaie en 1905 ranima l'intérêt des Français (Voir, par exemple, E. Viollette, Le problème de l'argent et l'étalon d'or au Mexique, thèse de l'Université de Paris, 1907).

[33] Voir le bilan sur la politique des chemins de fer écrit par J. Gurza, La política ferrocarrilera del gobierno, México, Tipografía de la oficina impresora de Estampillas, 1911.

[34] Cette idée fut largement diffusée par le gouvernement mexicain. Les premiers livres furent ceux de C. Díaz Dufóo et L. Pombo, Mexico 1876-1892, paru en 1893, de R. Zayaz Enríquez, Los Estados Unidos Mexicanos, 1877-1897, su progreso en veinte años de paz..., publié en 1898 (traduit en français et en anglais en 1899). On trouve les bilans les plus triomphalistes dans L'évolution sociale du peuple mexicain, ouvrage monumental traduit en français en 1903. Citons enfin le livre de R. Bigot, Le Mexique moderne, Paris, R. Roger, 1910.

[35] Voir P. Luna Parra, Los impuestos en México, México, Viuda de F. Díaz de León, 1911.

[36] La synthèse de la législation budgétaire et du crédit fut l'oeuvre de Juan Castillo, chef du département du crédit public de la Trésorerie. Voir La legislación y Jurisprudencia sobre la Deuda Pública, México, Tip. La "Europea", 1904, et Los presupuestos, México, Tip. La "Europea", 1904.

[37] Voir la traduction française des lois présentées par J.M. Gamboa, Les propriétés minières et les banques dites "banco refaccionario", Paris, A. Pédone éditeur, 1900.

[38] Carlos Díaz Dufóo, México : 1877-1892, México, Impr. de "El Siglo XIX", 1993.

[39] Ibid., p.96.

[40] Luis G. Labastida, Estudio de las leyes federales sobre administración fiscal, México, Tipografía de la Oficina Impresora del Timbre, 1899.

[41] Voir par exemple la brochure de Pascual Luna Parra, Los impuestos en México, México, Tipografía de la Vda. de Díaz de León, 1911.

[42] Rafaél de Zayaz Enríquez, Los Estados Unidos Mexicanos. Sus progresos en veinte años de paz, 1877-1897, New York, H.A. Rost, 1898 (trad. française 1899 et éd. récente, UNAM, 1990).

[43] Carlos Díaz Dufóo réalise une biographie et un bilan de l'Ïuvre de Limantour, au moment où les "Científicos" tentent d'engager le ministre des Finances dans les présidentielles de 1910. Mais cet ouvrage sera corrigé et publié après la chute du régime, ce qui permet de justifier toute l'action de la dictature. Voir Limantour, México, 1910. Pour la traduction française, mise à jour, Les Finances du Mexique 1890-1911. Limantour l'homme et l'Ïuvre, Paris, Librairie Felix Alcan, 1926.

[44] Justo Sierra, México su evolución social, México, J. Ballescá, 1900-1901 (traduction française 1903 et réédition, Porrúa, 1976).

[45] Parmi les rédacteurs, on trouve des hommes de l'envergure de Justo Sierra, Gilberto Crespo y Martines, Javier Raigosa, Porfirio Parra ou le général Bernardo Reyes, ministre de la Guerre.

[46] Le texte original fit l'objet d'une livre, sous le titre Tres monografías..., Barcelona, J. Ballescá, 1905 (livre réédité par la Facultad de Economía, UNAM, 1990).

[47] Mier a "conçu l'idée de faire, pour le début du XXème siècle, une Ïuvre analogue à celle qu'Alexandre de Humboldt a produite au commencement du XIXème", Le Mexique au début du XXème siècle, Paris, Delagrave,1905, T.2, p.327.

[48] La liste des auteurs est la suivante : Prince Roland Bonaparte, Léon Bourgeois (Président de la Chambre des députés, ancien Président du Conseil), Jules Claretie (membre de l'Institut), d'Etournelles de Constant (ministre plénipotentiaire et membre du tribunal de la Haye), Alfred de Foville (membre de l'Institut, ancien directeur des Monnaies de France), Hippolyte Gomot (sénateur, ancien ministre de l'Agriculture), O. Gréard (membre de l'Institut), A. Haller (Id.), C. Krantz (député, ancien ministre des Travaux publics), M. Lagrave (Chef de service au ministère du Commerce, de l'Industrie, des Postes et Télégraphes, membre du conseil d'administration des Postes et des Télégraphes), Pierre Leroy-Beaulieu (membre de l'Institut, professeur au Collège de France), E. Levasseur (membre de l'Institut), L. de Lounay (ingénieur en chef des mines, professeur à l'Ecole supérieure des mines), général Gustave Niox (capitaine dans le corps expéditionnaire français au Mexique, gouverneur des Invalides), Alfred Picard (membre de l'Institut et président de section au Conseil d'Etat), Elisée Reclus (éminent géographe).

[49] L'étude consacre un chapitre à chacun des aspects de l'administration du pays : aperçu géographique, population, colonisation ; institutions politiques, juridiques, administratives ; agriculture, mines, industries minières ; industrie, commerce, navigation ; chemin de fer, travaux publics ; postes, télégraphes ; monnaie, change, banque ; finances ; sciences, art, littérature ; armée, marine ; relations extérieures.

50 Le "groupe de Paris" rassemble des intellectuels qui collaborèrent au Journal des économistes ainsi qu'au nouveau dictionnaire d'économie coordonné par Léon Say. Ceux-ci occupent des chaires au Collège de France, à l'Institut des Sciences Politiques et dans d'autres institutions, et contrôlent l'essentiel des moyens de diffusion. Relevons les noms de Paul Leroy-Beaulieu, Courcelle-Seneuil, Levasseur, Gustave de Molinari, Yves Guyo, Maurice Block, sans oublier Léon Say. Selon l'économiste autrichien Joseph Schumpeter, ce groupe fut perçu comme des "ultras du laissez-faire" (Voir Schumpeter, Histoire de l'analyse économique, Paris, Gallimard, 1983, T.III, p.129).

[51] Ce problème est évoqué dans les travaux de J.D. Casasús, lors des conférences monétaires internationales de 1892 et 1900, ainsi que dans les rapports de la Commission créée en 1903 afin d'étudier la réforme monétaire et qui s'acheva sur la dévaluation de la monnaie en 1905. Voir les ouvrages de Casasús et les rapports de cette Commission monétaire - dirigée par Pablo Macedo - dans les MH de 1904-1905 à 1908-1909.

[52] Voir Apuntes sobre la Historia de las Finanzas Mexicanas para la exposición internacional Pacifico Panameña de San Francisco, México, Tip. de la Oficina Impresora de Estamplilla, 1913.

[53] Voir H.A. Bromberger, Les chemins de fer exotiques..., Paris, édition du "Moniteur économique et financier", 1913, et F. González Roa, El problema ferrocarrilero, México, Carranza e hijos, 1915.

[54] Rappelons le constat de l'historien Enrique Florescano : "chaque projet politique qui s'est présenté à la nation a eu, comme contrepartie, une nouvelle interprétation et reconstitution du passé" (El Nuevo pasado mexicano, México, Cal y Arena, 1992, p.12).

[55] Dès les années 1970, E. Florescano signale déjà l'importance de la création des institutions académiques dans le renouveau et le professionnalisme de la recherche historique.

[56] Voir Gustavo Aguilar, Los presupuestos de méxico..., México, SHyCP, 1940.

57 L'un des départements du ministère des Finances, réservé aux archives, avait un catalogue. Cependant, un guide fut publié en 1940 (SHyCP, Guia del Archivo Histórico de Hacienda, siglos XVI a XIX), tandis que la première bibliographie (Bibliografía de la Secretaría de Hacienda...), préparée par R. Beltrán Martínez, paraissait en 1943.

[58] SHyCP, Legislación sobre finanzas, México, SHyCP, 1958.

[59] Ibid., Legislación monetaria, 1959.

[60] Il existe plusieurs éditions de recueils des rapports présidentiels. Le premier fut publié en 1950 : SHyCP, La Hacienda pública a traves de los Informes Presidenciales, México, SHyCP, 1950.

[61] M. Yañez Ruiz, El problema fiscal en las distintas etapas de nuestra organización política, México, Taller de Impresión de Estampillas y Valores, 1958.

62 Voir C.J. Sierra et R. Martínez Vera, Bibliografía de la Hacienda pública, México, SHyCP, 1971-1974, 4 vol.

[63] C.J. Sierra, Historia de la Administración hacendaria en México, 1821-1910, México, SHyCP, 1970.

[64] C.J. Sierra et R. Martínez Vera, Historia de la Tesorería de la Federación, México, SHyCP,1972.

[65] C.J. Sierra et R. Martínez Vera, El resguardo aduanal y la gendarmería fiscal, México, SHyCP, 1971 ; voir aussi Historia y legislación aduanera en México, México, SHyCP, 1973.

[66] SHyCP, El papel Sellado y la Ley del Timbre, México, SHyCP, 1980.

[67] Ils passèrent du ministère des Finances au Secrétariat de la Présidence et, dès 1976, participèrent au renouveau des écoles des hauts fonctionnaires. Ils donnèrent notamment un nouvel élan à l'Institut national d'administration publique (INAP) et à l'Institut technologique (ITAM, Instituto tecnológico autónomo de México).

[68] La publication continue de manuels d'administration propose une synthèse historique et juridique de la structure de l'Etat. Voir, notamment, Manual de organización del gobierno federal, México, SP, 1976, et La administración pública a través de los informes presidenciales, México, Presidencia, 1980 (14 vol.), le plus complet recueil de rapports présidentiels.

[69] Citons ainsi les travaux de A. Carrillo, La reforma administrativa, México, 1976, ou de O. Guerrero, La administración pública del estado capitalísta, 1979.

[70] Voir A. Ortiz Mena, Las finanzas públicas en el desarrollo socioeconómico de México, México, Libro CELA, 1969, L. García Cárdenas, "Antecedentes y desarrollo de la administración pública en México", Revista de Administración Pública, INAP, ndeg.23, 1983, et R. Rivera Sánchez, Elementos para un análisis histórico de la administración pública federal en México 1821-1940, México, INAP, 1984.

[71] Cette idée est répandue parmi les professeurs de l'INAP. Voir, notamment, les textes de Omar Guerrero qui fut couronné par le prix national de l'administration publique en 1980.

[72] A. Servín, "Nuestra política tributaria de 1869 a 1911", El Trimestre económico, México, Vol.VII, ndeg.3, 1940.

[73] Les périodes établies par Servín sont : 1821-1868, 1869-1911, 1917-1933 et 1934-1937.

[74] D. Cosío Villegas, La cuestion arancelaria. Historia de la política aduanal, México, edición del Centro mexicano de estudios económicos, 1932 (réédition Facultad de Economía, UNAM,1990 ).

75 Ibid., Historia moderna de México, México, Buenos Aires, Ed. Hermes, 1955-1974, 14 vol.

[76] L'équipe de Cosío Villegas publia quelques volumes de bibliographie historique, parmi lesquels celui de Luis González, Fuentes de la historia contemporánea de México, Libros y folletos, México, El Colegio de México, 1961.

[77] Sous le titre Estadisticas economicas del porfiriato, l'équipe de Cosío Villegas rendit publique l'information quantitative qu'elle avait glanée dans les MH et les CT sur le commerce (Estadísticas Economicas del Porfiriato : comercio exterior, México, El Colegio de México, 1960) et sur le social (Estadísticas Economicas del Porfiriato : Fuerza de trabajo y actividad económica por sectores, México, El Colegio de México 1964). Bien que sans explications approfondies sur la manière dont les faits ont été recueillis et sélectionnés, l'oeuvre synthétise des années d'efforts pour la recherche de sources.

[78] F.R. Calderón, "La Hacienda pública", in Historia moderna de México-RRV, 1955, pp.225-526.

[79] Dans son livre, Calderón unit finances publiques, politique économique, investissements, développement des chemins de fer et débat parlementaire. De son côté, "La vie économique" du porfiriat, divisée en plusieurs thèmes, réduit les finances publiques à l'administration des impôts, des dépenses et de la dette publique.

[80] G. Peralta Zamora, "La Hacienda pública", in Historia moderna de México, 1965.

[81] J. Bazant, Historia de la deuda externa mexicana, México, El Colegio de México,1968.

[82] Ce groupe est animé par l'historien Enrique Florescano, ancien élève de Ernest Labrousse. Il dirigea pendant des années plusieurs séminaires se proposant d'examiner l'histoire économique du Mexique. Le Département de recherches historiques de l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire accueillit ces recherches.

[83] E. Florescano, Bibliografía general del desarrollo económico de México, 1500-1976, México, INAH, 1980, 3 vol.

[84] Parmi les travaux, voir "Seminario de cambios socioeconómicos de México en el siglo XIX", Estadísticas económicas del siglo XIX, México, INAH, 1976.

[85] Voir, notamment, le livre collectif, coordonné par Ciro Cardoso, México en el siglo XIX : 1821-1910, México, Ed. Nueva Imagen, 1980.

[86] Voir SHyCP, México a traves de los informes presidenciales, 1976, T.IV, vol 1.

[87] E. Florescano et M. Urias, Los estudios económicos sobre el siglo XIX, México, INAH, 1979, et E. Florescano, Notas sobre la historia económica del periodo 1870-1910, México, INAH, 1980.

[88] S. Ramírez Velázquez, "Los presupuestos de ingresos y egresos del Estado Mexicano en el siglo XIX", dactylographié, 1977.

89 Ciro Cardoso (ed.), México en el siglo XIX, México, Ed. Nueva Imagen, 1980.

[90] Il s'agit de trois licences présentées à la FCPyS de l'UNAM par Yolanda Trapaga Delfín, Bibliografía de la História económica de México 1821-1857, 1978, Guadalupe Rodríguez López, Bibliografía de la História económica de México 1857-1876, 1980, et Margarita Barrientos Lavín, Bibliografía Económica del Porfiriato 1877-1910, 1981 (publiée par Secretaría de trabajo y Previsión social, 1988).

[91] Marco Antonio González Gómez, Cronología de eventos monetarios, crediticios y bancarios de 1536 à 1976, licence, FSPyS-UNAM, 1978.

[92] Manuel Canas Domínguez, La industria textil mexicana 1790-1845, licence, FCPyS-UNAM, 1981.

[93] Deux licences parues en 1981 : Yubila Espinosa Fentón, El comercio exterior de México 1877-1910, et Rosallina Ramírez Torres, El comercio exterior de México 1821-1875.

[94] José Luis Espinosa, Población y fuerza de trabajo en el sigloXIX, FCPyS-UNAM, 1984.

[95] Javier Pérez Siller, Los ingresos federales en México 1867-1914, licence, FCPyS-UNAM, 1982.

[96] Il s'agit d'une communication au "II Encuentro Nacional de historiadores de la ADHILAC", tenu à Puebla en 1983, et publié par l'historien Carlos Marichal dans la revue Siglo XIX, année III, ndeg.5, Universidad Autónoma de Nuevo Léon, 1988.

[97] Ibid., pp.237-239.

[98] Javier Pérez Siller, "Crédito público y reforma hacendaria en el siglo XIX", communication lue en 1984 dans le "Seminario de Historia financiera" animé par Leonor Ludlow et Carlos Marichal. Idées qui furent reprises dans ma communication, "Deuda y consolidación del poder en México : 1867-1896", presentée au colloque La deuda pública en America Latina en perspectiva histórica, celebré à Berlin, en 1989.

[99] Javier Pérez Siller, "Reforma haciendaria y gasto público en el último tercio del siglo XIX mexicano", communication au Congrès de l'AHILA, tenu en 1985 à Florence, et publié in Marcello Carmagnani et. al. América Latina : dallo stato coloniale allo stato nazione, Milan, F. Angeli, 1987.

[100] La plupart des monographies sur le sujet sont des thèses de Mexicains, étudiant à Paris et marqués par les travaux de l'historien Pierre Vilar qui ont illuminé les voies de la recherche, notamment Croissance économique et analyse historique, Paris, Mouton, 1965, et Or et monnaie dans l'histoire, Paris, Flammarion, 1974 (les deux traduits en espagnol).

[101] E. Canudas, Crises de l'argent au Mexique 1870-1919, thèse, EHESS, 1977.

[102] E. Ramírez Bautista, Controverse monétaire et pensée économique au Mexique, Paris, thèse, Université de Paris-I, 1980.

[103] M. Rosas Silva, Démonétisation internationale de l'argent et réforme monétaire au Mexique, Paris, thèse, Université de Paris-I, 1984.

[104] Voir R. Torres Gaitán, Un siglo de devaluaciones del peso mexicano, México, Siglo XXI, 1982. Cette histoire des dévaluations monétaires est riche en réflexions sur les liens entre l'économie, les finances et la politique monétaire de l'Etat.

[105] Voir F. Salmerón Castro, Inversión extranjera y social en el México porfiriano, México, El Colegio de México, 1978.

[106] Sur le système bancaire du Mexique, voir 100 años de banca en México : primer centenario del Banco de Londres y México, 1864-1964, México, BLM, 1964, la maîtrise de J.P. Giraudon, La Banque nationale du Mexique, Université de Paris-X, 1974, le livre de A. Lagunilla Iñarritu, Historia de la banca y moneda en México, México, Ed. Jus, 1981, et la thèse de J.L. Cepeda Dovala, Histoire de la banque mexicaine (1864-1910), Paris, EHESS, 1984.

[107] Les études les plus significatives sont : J. Gresham Champman, La construcción del ferrocarril mexicano : 1837-1880, México, Sep-setentas, 1975, et J. Coatsworth, El impacto económico de los ferrocarriles en el porfiriato, México, Sep-setentas, 1976. Pour des études de lignes particuliers voir J.J. Gracida, "Los ferrocarriles de Sonora y Chihuahua. Una reflexión histórica", in Actas del Primer Congreso de Historia regional comparada, Chihuahua, Universidad Autónoma de Ciudad Juárez, 1990, pp.197-204, ou M. de P. Pacheco Samudio et H. Morales, "Subvenciones ferroviarias y expansión del mercado interno. El ferrocarril de San Rafael y Atlixco", in Deslinde. Revista de la Facultad de Filosofía y letras de la Universidad Autónoma de Nuevo León, Ndeg. 22, Monterrey, 1988, A. P. Schmidt, The Social and Economic Effects of the Railroad in Puebla and Veracruz, México, 1867-1911, New York & London, Garland Publishing, 1987.

[108] Voir J. Wilkie, La Revolución mexicana. Gasto federal y cambio social, México, FCE, 1978.

[109] Voir M. Carmagnani, "El liberalismo, los impuestos internos y el estado ferderal mexicano : 1850-1911", in Historia mexicana, 38:3, México, El Colegio de México, 1989.

[110] Jan de Vos, "Una legislación de graves consecuencias. El acaparamiento de tierras baldías, con el pretexto de colonización, 1821-1910", in Historia mexicana, 1984.

[111] Jean Bazant, Los bienes de la iglesia en México (1856-1875), México, El Colegio de México, 1971.

[112] R.J. Knowlton, Church Property and de Mexican Reform, 1856-1910, Northen Illinois University Press Dekalb, 1976.

[113] Le travail de Jesús Silva Herzog, Pensamiento económico de México, parut en 1947. La dernière édition, enrichie, propose plus de quinze biographies du porfiriat (México, Instituto mexicano de Investigaciones Económicas, 1967).

[114] Outre Historia y pensamiento económico de México, México, UNAM,1969-1974, D. López Rosado créa également des outils de recherche : voir son bulletin Bibliografía de Historia económica y social de México, México, UNAM, 1979, vol 13.

[115] Ce propos a aussi été développé par J. Reyes Heroles dans El liberalismo mexicano, 1957-1961, 3 vol. Si ce dernier se concentre sur la question politique, les aspects économiques ne sont pas absents de sa réflexion.

[116] Plusieurs jeunes chercheurs ont participé à ce séminaire. Notons l'enthousiaste coopération de l'historien Fernando Rosenzweig, ancien collaborateur de Cosío Villegas, qui écrivit dans Historia Moderna de México les parties consacrées à la monnaie, à la banque, aux investissements étrangers et aux commerce extérieur du porfiriat. En 1992, avec l'appui de l'Institut José Ma. Luis Mora, ce groupe a organisé un colloque sur "les formes de la fiscalité, le crédit et les investissements dans la transition vers la société capitaliste".

[117] Depuis quelques années, le Seminario sobre la Formación del Capitalismo en México organise des colloques sur le développement des régions, ce qui a permis la rencontre de chercheurs de nombreux pays. De plus, Mario Cerutti anime, à l'Université de Nuevo Léon, la revue Siglo XIX, entièrement consacrée à la diffusion des recherches sur cette période, en particulier régionales. En 1991, ont débuté les colloques portant sur l'histoire du grand-nord (San Luis Potosí, Zacatecas, Durango, Chihuahua, Coahuila, Nuevo León et Tamaulipas) où les thèmes fiscaux sont aussi abordés.

[118] L'Universidad Autónoma de Ciudad Juárez organise depuis 1989 des colloques annuels sur l'histoire régionale comparée, dont les actes sont également publiés.

[119] Inclus dans le livre édité par L. Ludlow et C. Marichal, Banca y poder en México : 1800-1925, México, Ed. Grijalbo, 1984.

[120] Voir le livre collectif, préfacé par F. Rosenzweig, Pasado y presente de la deuda externa de México, México, Instituto Mora-El Día, 1988, et C. Marichal, Historia de la deuda externa de América latina, Madrid, Alianza Editorial, 1988.

121 C. Marichal (éd.), Boletín de fuentes para la historia económica de México, México, El Colegio de México, 1990-1992.

[122] Signalons l'article de Leonor Ludlow, "El Banco Nacional de México y el Banco Nacional Mexicano. Radiografía social de sus primeros accionistas", in Historia Mexicana, 39:4, México, El Colegio de México, 1990. Voir aussi J.A. Bátiz, "El Banco Nacional de México y las finanzas del país", in Banca y poder en México, 1988, ou celui de Ricardo Solís Rosales, "Crisis financieras durante el Porfiriato", in Pasado y presente de la deuda externa de México, 1988.

[123] M. Cerutti "Contribuciones recientes y relevancia de la investigación regional sobre la segunda parte del siglo XIX", in Los lugares y los tiempos. Ensayo sobre las estructuras económicas regionales, México, Ed. Nuestro Tiempo, 1988.

[124] L'historienne Leticia Gamboa apporte une pierre à l'étude des liens financiers entre le pouvoir local, une municipalité, les entrepreneurs urbains - d'envergure nationale - et les marchés financiers internationaux Bourse de Paris. Voir "El financiamiento de la urbanisación. La deuda interior del Ayuntamiento de Puebla en los mercados extranjeros, 1907 - 1914", in Secuencia ndeg.23, mayo-agosto 1992.

[125] F.X. Guerra, Le Mexique : de l'Ancien régime à la Révolution, Paris, L'Harmattan, 1984, (voir le chapitre VI).

[126] Des études sur la fiscalité des régions paraissent depuis la fin des années 1980. Voir notamment F. Téllez Guerrero et E. Brito Martínez, "Las finanzas municipales. La ciudad de Puebla, 1820-1890, in Espacios y perfiles. Historia regional mexicana del siglo XIX, vol. 1, Puebla, 1988, pp.29-48, ou R. Gamboa, "Las finanzas municipales en Saltillo a mediados del siglo XIX", communication à la IIdeg. rencontre d'Histoire économique du Nord du Mexique, 1992.

[127] Jose Luis Ceceña, México en la órbita imperial, México, Ed. El Caballito, 1973.

[128] A.L. Palma, "Los orígenes de la industria eléctrica en México : las compañías británicas de electricidad (1900-1929)", in Historias, ndeg.19, México, INAH, 1988.

[129] Voir C. Thorup, "La competencia económica británica y norteamericana en México (1887-1910)", in Historia Mexicana, XXXI: 4, México, El Colegio de México, abril-junio 1982.

[130] S. Pretecellie, Les intérêts français en Argentine, au Brésil et au Mexique de 1870 à 1914, maîtrise, Université de Paris-I, Paris, 1963.

[131]J. Collet-Sassere, Le gouvernement du général Huerta, Uni. de Paris-III, 1980.

132 Friedrich Katz, La guerra secreta en México, México, Ed. Era, 1982.


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