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18 novembre 2011
Décès de Luc Picon
Les personnels de l’UFR des Sciences du Vivant ont la tristesse d’annoncer le décès de leur ancien collègue, le Professeur Luc PICON, à l’âge de 86 ans. Il avait quitté notre Université en 1993 pour une retraite partagée entre Paris et la Touraine.
Luc PICON a apporté des contributions majeures concernant le rôle des glandes endocrines dans la croissance et le développement du foetus et du nouveau-né, à une époque où la physiologie fœtale faisait ses premiers pas. Dans le laboratoire du Pr Alfred JOST au sein duquel il développa ses capacités de chercheur et d’enseignant, Luc PICON démontra pour la première fois, l’importance de l’insuline dans la croissance du fœtus. Cette notion était révolutionnaire à l’époque (années 1960), où le contrôle de la croissance, adulte comme fœtale, était attribué à la seule hormone de croissance. Les recherches récentes ont confirmé les observations de Luc PICON et démontré que l’insuline était bien un authentique facteur de croissance pour de nombreux tissus.
Luc PICON a été aussi à l’origine des travaux sur le rôle métabolique de l’insuline dans le métabolisme énergétique du fœtus, et sur l’ontogenèse des cellules productrices de l’insuline. Sa formation initiale de médecin l’a évidemment conduit à se tourner plutôt vers les applications physiopathologiques de ses recherches, et en particulier à la compréhension de certains mécanismes responsables de l’hyperglycémie foetale et néonatale. C’est dans son laboratoire qu’a été découverte la capacité tout à fait remarquable dont dispose le pancréas endocrine pour se régénérer spontanément chez le nouveau-né.
L’impact évident des travaux de Luc PICON en pathologie, l’a conduit naturellement à être un interlocuteur proche des pédiatres, des endocrinologues et des nutritionnistes.
Son influence en recherche lui a permis de jouer un rôle moteur dans l’enseignement de la physiologie à l’Université de Paris d’abord où il débuta sa carrière universitaire, puis à l’Université Paris-7 qui venait de naître. Il fut en particulier à l’origine du premier enseignement moderne de Physiologie de la Nutrition en Ile-de-France, sans équivalent à l’époque ailleurs en France. Il convient aussi de rappeler que c’est grâce à lui que fonctionna à Paris 7 dès 1982, un DEA et une formation doctorale de Physiologie et Physiopathologie de la Nutrition Humaine, conçus dès l'origine dans une optique pluridisciplinaire et accueillant des étudiants issus aussi bien des filières scientifiques que médicales. Ce 3ème cycle a permis de former un très grand nombre de chercheurs, d’enseignants-chercheurs, de cadres R&D, qui travaillent actuellement dans les laboratoires des Universités, du CNRS, de l’iNSERM, de l’iNRA, dans l’industrie du médicament ou les groupes agro-alimentaires. Nombre d’entre eux participent d’ailleurs à la vitalité de l’actuel Master NuMéSi de Paris-Diderot, digne descendant du DEA initial.
Il toujours eu le souci de prendre sa part à la gestion collective de notre communauté universitaire. Membre du CNU section 66, et Président de la Commission Nationale des Programmes de Biologie pour les lycées, il a aussi assumé les fonctions de président du Conseil Scientifique de l’UFR de Biologie.
Enfin, humaniste, grand amateur d’art, soucieux de l’intérêt public, militant de l’Union Rationaliste, il a toujours défendu la laïcité, l’éducation et la culture scientifique, comme remparts contre le totalitarisme et l’obscurantisme.
La disparition de Luc PICON nous prive d’un homme rare, mais sa marque dans le monde de la physiologie dont il était un farouche et convaincant défenseur, reste indélébile.
Bernard PORTHA, Unité BFA
La cérémonie aura lieu le Lundi 21 Novembre 2011, à 14h30 au Crematorium du Cimetière du Père Lachaise.
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